« Les spécialistes des ovoproduits pour la restauration hors domicile (RHD) sont en grand danger », alerte le Syndicat national des industriels et professionnels de l’œuf (Snipo), dans un communiqué publié le 25 janvier 2022. Et ce, « depuis le début de la crise du Covid-19, en mars 2020 ».

Selon le Snipo, ces entreprises « entreprises n’ont jamais retrouvé leur niveau d’activité de 2019 et une grande incertitude pèse encore sur les mois à venir, en raison notamment de la flambée des coûts de l’aliment des poules pondeuses ».

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1,5 centime supplémentaire par œuf

Le syndicat estime que ce dernier a augmenté de plus de 30 % en un an. De quoi faire flamber le coût de production de plus de 1,5 centime par œuf, « soit près de 30 centimes par kilo d’œuf entier liquide, quels que soient les modes d’élevage ».

L’indice du coût de l’aliment calculé par l’Institut technique de l’aviculture (Itavi) « culmine depuis plusieurs mois à un niveau historiquement élevé, jamais atteint depuis 2012 », souligne le Snipo. Il aurait ainsi progressé de 80 € par tonne d’aliment depuis l’été 2020.

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Besoin d’une « révision urgente des prix »

En parallèle, « d’autres hausses viennent impacter les coûts de revient des entreprises d’ovoproduits fournissant la RHD : en moyenne + 20 % pour les emballages et l’énergie, et + 10 % pour le transport », poursuit l’organisation. Elle indique qu’une grande partie de ces hausses de coûts est intervenue « à la fin de l’année 2021, après l’envoi des tarifs pour 2022 des entreprises qui a eu lieu à la fin de l’été 2021 ».

En conséquence, le Snipo en appelle à une « révision urgente des prix de vente [des ovoproduits] », qu’elle juge « indispensable à la poursuite d’activité du secteur ». Le syndicat estime en effet que « la situation ne s’inversera pas au cours des prochains mois, elle va même se dégrader, et perdurera au moins jusqu’à la mi-2022 ». Il reconnaît que la profession n’avait pas anticipé des hausses de coûts « à un niveau si élevé ».

Vincent Guyot