« Lait de territoires où les vaches pâturent en moyenne 150 jours par an » : telles sont les critères du cahier des charges de la nouvelle marque lait de pâturage. Son lancement a eu lieu ce mercredi 6 septembre 2017 sur la ferme de Cédric Gautier, jeune éleveur laitier à la Chapellle-du-Lou-du-Lac (Ille-et-Vilaine), dont les vaches pâturent même si la traite est robotisée.

Élargir à l’ensemble du territoire

« La marque a pour vocation de valoriser les pratiques des éleveurs de l’Ouest et à l’avenir de tous les éleveurs de tous les territoires où le pâturage est répandu », a souligné Marcel Denieul, le président de l’association qui porte la marque. Cette dernière garantit un lieu fort entre alimentation et territoire et de bonnes conditions d’élevage des animaux, tout cela certifié par un organisme agréé.

L’association a été créée au début de juillet à l’initiative d’éleveurs de différentes organisations agricoles (FRSEA Ouest, JA, chambre régionale d’agriculture de la Bretagne, GIE Élevages de Bretagne). Elle associe aussi les utilisateurs de la marque. Sodiaal et Eurial-Agrial branche laitière sont déjà engagées. Des discussions sont en cours avec d’autres laiteries. L’association est également ouverte aux acteurs de la société civile notamment, pour l’instant, le conseil régional de la Bretagne qui a apporté un soutien financier de 90 000 € au démarrage.

Mise à disposition de la marque

L’association ne transforme pas et ne vend pas de produits. Elle met à disposition la marque. Producteurs et transformateurs s’engagent. « Il s’agit d’un lait de territoire et non pas un lait d’un tank en particulier, détaille Olivier Rosat, directeur du GIE Élevages Bretagne. Le produit estampillé “Lait de Pâturage” sera issu de lait d’un territoire où les vaches ont pâturé en moyenne 150 jours, plus chez certains, moins chez d’autres. L’objectif n’étant pas d’augmenter les charges de collecte. »

« J’ai la conviction que le système pâturant breton a des atouts vis-à-vis des attentes sociétales. Nous sommes à la veille de le reconnaître, ajoute Patrice Binet, administrateur de Sodiaal. Du côté des entreprises, nous allons lancer en priorité la marque sur les marchés qui subissent de plein fouet la guerre des prix : les marchés sans marques, les marchés de gros, la restauration hors foyer. »

Il reste à savoir comment elle apportera une valorisation aux éleveurs. « La valeur ne se décrète pas. Mais cette démarche doit être un plus pour le producteur ; à charge aux entreprises laitières de se battre pour créer de la valeur et en redonner aux éleveurs », estime Marcel Denieul. La marque devrait être opérationnelle d’ici à la fin de l’année avec les premiers producteurs. L’ambition est de la développer sur tous les territoires avec un potentiel de dizaines de milliers d’éleveurs.

Isabelle Lejas