Depuis l’automne 2021, les 51 AOP laitières se sont pleinement engagées dans la démarche « AOP laitières durables » portée par le Conseil national des appellations d’origine laitières (Cnaol). L’objectif étant d’enrichir les cahiers des charges pour « dépasser leur promesse d’origine et de qualité organoleptique », explique le Cnaol, dans un communiqué diffusé le 27 juin. L’occasion d’ouvrir de nouvelles portes, mais aussi de valoriser les actions existantes.

Une moyenne de 37 nouveaux engagements

Concrètement, les AOP doivent choisir un minimum de 18 engagements sociaux, économiques et environnementaux parmi les 65 proposés par le collectif. Les trois quarts des AOP ont tranché la question et établi un plan d’actions, avec une moyenne de 37 engagements de durabilité sélectionnés. « Des indicateurs de suivi sont actuellement à l’étude », précise le Cnaol.

Les AOP n’ayant pas encore arrêté leur choix ont « demandé un délai supplémentaire, de quelques mois, pour finaliser leur travail ».

Trois piliers pour des AOP durables

Les engagements s’appuient sur les trois piliers du développement durable (social, environnemental, économique). Ils sont répartis en 6 thématiques, elles-mêmes subdivisées en 18 objectifs.

« Les appellations se sont tournées en majorité vers les mesures du pilier social », indique le Cnaol. Concernant l’objectif de « faire vivre le territoire », « une majorité d’AOP organise des événements touristiques », à l’image de la Fête du Rocamadour ou de la Fête la race et du fromage Abondance, illustre le Cnaol auprès de La France Agricole. Sur le maintien et la transmission des savoir-faire traditionnels, la filière du Comté compte sur des formations de 3 jours à destination des nouveaux entrants et des jeunes agriculteurs.

Le pilier de l’environnement s’est également révélé fédérateur. Un objectif concerne la préservation des races locales, un sujet qui mobilise notamment les AOP Brocciu, Laguiole et Brousse du Rove. Sur la biodiversité, certaines appellations comme l’Époisses et le Chavignol ont mis en place un partenariat avec la Ligue de protection des oiseaux (LPO).

Au niveau économique, la quête de valorisation passera peut-être par la filière de la laine pour les producteurs de Roquefort. Pour une bonne répartition de la valeur, les AOP auvergnates (Cantal, Saint-Nectaire, Bleu d’Auvergne et Fourme d’Ambert) misent sur un indicateur économique personnalisé permettant d’éclairer les négociations tarifaires entre éleveurs et transformateurs.

Alexandra Courty