« Habituellement, les ventes de Pâques sauvent notre saison », lance Loïc Brunellière, engraisseur de chevreaux dans le Maine-et-Loire. Les prix de vente augmentent et avoisinent traditionnellement 3,40 €/kg. Sauf que cette année, en raison de la crise sanitaire, le compte n’y est pas. « Les tarifs n’ont pas dépassé 2,7 €/kg pour la période de Pâques alors que nous avons estimé nos coûts de production à 2,9 €/kg en moyenne. »

La situation de ces exploitants spécialisés, qui écoulent un tiers de la production à Pâques, est d’autant plus difficile cette année que le coût de la poudre de lait a augmenté durant les derniers mois. Résultat, ils évaluent le manque à gagner à cinq euros par chevreau.

Besoin d’aides

« Sans aide publique, la crise sanitaire et économique de 2020 sonne très certainement le glas de plusieurs ateliers d’engraissement de chevreaux », alertent-ils dans un communiqué de presse.

Les vingt à trente exploitants spécialisés du Centre-Ouest attendent « un sursaut urgent » des abatteurs, des grandes et moyennes surfaces et des boucheries pour relever ces prix. Ils sollicitent le soutien des pouvoirs publics (État, Europe, Régions, départements), mais aussi des banques, de la MSA, des collectivités ainsi que des fournisseurs de poudre, les laiteries, les OPA, Interbev, etc.

Arrêt du ramassage

Le 10 avril 2020, ils ont averti dans un nouveau communiqué qu’ils arrêteraient « le ramassage des chevreaux de quatre jours à partir du 23 avril 2020 » s’ils ne trouvaient pas « de solutions économiques concrètes » d’ici là.

La situation pourrait rejaillir sur tous les producteurs de lait et de fromage de chèvre qui vendent leurs chevreaux aux engraisseurs. « C’est une phase de l’élevage que nous ne maîtrisons pas, d’autant que nous ne disposons pas des bâtiments adaptés », souligne Loïc Socheleau, à la tête de 450 chèvres dans le Maine-et-Loire.

M.-F. M.