« Si le Marché du porc breton (MPB) atteint la hausse maximale par semaine permise par ses statuts, c’est-à-dire 6 centimes, il faudra cinq semaines pour rattraper le cours allemand, à condition que ce dernier ne continue pas d’augmenter ! » tempêtent la FRSEA et les JA de la Bretagne, dans un communiqué publié ce lundi 24 février 2020.

« Jeu de dupes » à l’aval

Pour le syndicalisme majoritaire, pas moins de 9 millions d’euros sont chaque semaine « extorqués aux éleveurs de porcs de l’Ouest, en raison du décalage de prix avec les autres bassins de production ». Ils considèrent cette somme comme une « avance de trésorerie que prennent, chaque semaine, les éleveurs des bassins de production concurrents pour moderniser et mettre aux normes leurs élevages ».

François Valy, responsable pour le porc de la FRSEA de la Bretagne et président de la Fédération nationale porcine, un « jeu de dupes » s’opère à l’aval. « Les abatteurs se cachent derrière les distributeurs, et inversement. Quant aux transformateurs, moins il y a de hausses de prix, moins ils ont de souci de valorisation auprès de leurs clients. Avec un tel avantage compétitif sur le prix du porc, comment se fait-il que nous n’exportions pas davantage ? » s’interroge-t-il.

« Renforcer le pouvoir de négociation »

La FRSEA et les JA de la Bretagne estiment que « le pouvoir de négociation des éleveurs doit être renforcé au plus vite pour retrouver un prix de marché cohérent avec la situation du commerce mondial de la viande de porc », et soutiennent la création d’une association d’organisations de producteurs (AOP). « Si nos clients sur le marché intérieur ne veulent pas payer la vraie valeur de nos produits, n’a-t-on pas intérêt à trouver des clients prêts à payer ? »

V. Gu.