À la demande de la DDPP, direction départementale de la protection des personnes, la gendarmerie de l’Oise s’est rendue dans deux élevages au nord de Compiègne et au sud-est de Montdidier, et a constaté la présence de nombreux clients musulmans venus acheter leur mouton pour fêter l’Aïd et l’abattage sur place d’ovins alors qu’aucun de ces deux sites n’avait été agréé pour le faire.

« Nous voulions rendre service »

Le premier est géré par une exploitation de polyculture élevage classique, un couple d’agriculteurs et son fils. Contactée par téléphone, la chef d’exploitation concernée a invoqué « leur bonne foi » et indiqué que « leur but était seulement de vouloir rendre service ». Le second recevait lui aussi des clients pour la vente et l’abattage rituel des animaux, mais serait également un élevage illégal de moutons.

Comme l’Oise est très proche de la région parisienne, les éleveurs d’ovins sont très sollicités pour commercialiser une partie de leurs animaux vivants, auprès de clients musulmans qui gèrent ensuite eux-mêmes l’abattage des animaux.

Deux abattoirs agréés dans le département

« Cette année, deux abattoirs étaient agréés dans l’Oise pour pratiquer l’abattage rituel dans le cadre de l’Aïd-El-Kébir, l’abattoir pérenne de la société Bigard à Formerie, et l’abattoir temporaire « Les abattoirs de Creil », agréé pour la durée de l’Aïd, nous a précisé le cabinet de la Préfète de l’Oise.. Les deux dossiers d’abattage en dehors des abattoirs agréés, font l’objet d’une enquête judiciaire ». L’affaire est en cours au Tribunal de Compiègne.

Un délit pénal

Sur son site internet, le Ministère de l’Agriculture rappelle que l’abattage rituel pour la fête musulmane ne peut être réalisé que dans un abattoir agréé (selon l’article R. 214-73 du CRPM), et qu’il est interdit d’abattre rituellement un animal en dehors d’un abattoir, y compris dans le cadre d’abattage « familial » ou « à la ferme ».

Il précise également que l’abattage d’un animal en dehors d’un abattoir agréé constitue un délit pénal passible de six mois d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende (article L. 237-2 du CRPM).

Blandine Cailliez