Condamnée par la cour d’appel d’Amiens, en 2015, après le démontage de la salle de traite de la « ferme des 1 000 vaches », dans la Somme, Dominique Henry, 60 ans, ancienne institutrice et agricultrice de Grand’Combe-des-Bois (Doubs), aurait dû se soumettre à un prélèvement d’ADN. Un acte qu’elle a refusé, le 6 mai 2016, lors de sa convocation à la gendarmerie du Russey (Doubs). « J’ai fait un acte de militantisme à visage découvert, j’ai agi pour le bien commun, justifie-t-elle. Je ne suis pas une délinquante, et les syndicalistes n’ont pas à être mélangés avec les délinquants et des criminels. »

Jeudi 19 janvier 2017, le tribunal correctionnel de Montbéliard condamne la militante de la Confédération paysanne à 750 € d’amende. Selon la procureure, Carine Greff, qui a requis 1 000 euros d’amende, « l’infraction est extrêmement simple, la loi est claire : toute personne condamnée sur ce type de faits doit se soumettre à ce prélèvement. Toute personne qui refuse de s’y soumettre commet un délit ».

Pour Dominique Henry, « l’ADN, c’est quelque chose d’intime, j’en ai hérité de mes parents et je l’ai transmis à mes enfants ». Son avocate, Laëtitia Peyrard, insiste sur l’action réalisée « à visage découvert », et rappelle que sa cliente a donné son identité aux gendarmes. « Quel est l’intérêt pour l’enquête de prélever son ADN ? interroge-t-elle. Aucun, on est dans le fichage automatique des militants. »

AFP