Lors de deux actions coup de poing en 2013 et 2014, ces militants avaient endommagé le chantier de cette ferme implantée à Drucat, près d’Abbeville (Somme), à quelques semaines de sa mise en service. Ils avaient déjà été condamnés au pénal en appel à des peines d’amendes avec sursis, de 300 à 5 000 €, en septembre 2015.

Une « situation un peu ubuesque »

« Le tribunal a reconnu que nous étions des lanceurs d’alerte […], a fait valoir Laurent Pinatel, porte-parole de la Confédération paysanne, qui figure parmi les six condamnés ce 13 septembre 2018. Aujourd’hui, on nous demande d’assumer seuls ce que l’on a apporté pour l’intérêt général. Cette situation nous paraît un peu ubuesque. »

« C’est totalement injuste, renchérit Francis Chastagner, le président de l’association Novissen, qui localement a engagé le combat contre cette exploitation. On s’attaque à des syndicalistes qui sont des lanceurs d’alerte et qui défendent l’intérêt général. »

Appel aux dons

« Il y a ces 120 000 € qu’il va falloir payer, on les paiera, mais on peut aussi faire appel sous dix jours. On va décider ça très vite entre nous », précise Laurent Pinatel, notant néanmoins que lors de l’audience du 31 mai, l’exploitant avait réclamé 200 000 €.

Les amis de la Confédération paysanne ont rapidement publié un communiqué de presse dénonçant cette décision du tribunal. « Une fois de plus ont été jugés des syndicalistes engagé.e.s dans la construction d’un modèle agricole résolument moderne et ouvert sur le futur », estiment-ils. Ils lancent un appel aux dons à « quatre mois des élections professionnelles agricoles, [pou] soutenir le combat » du syndicat.

AFP