« Nous ne sommes pas contre la vaccination, nous sommes contre l’obligation de vacciner, souligne Deny Narbey, de la Confédération paysanne du Doubs. Nous souhaitons également que l’on arrête de pointer du doigt les éleveurs refusant la vaccination, en prétendant qu’ils ne jouent pas collectif. Si mon voisin décide de vacciner, ses vaches devraient être protégées du virus, indépendamment du fait que les miennes le soient ou non. »

« La FCO-4 n’est pas transmissible à l’humain, elle n’a pas d’effet sur les bovins, très peu sur les ovins, et est peu transmissible en cette période hivernale en zone de montagne, où les moucherons qui la transmettent sont absents, met en avant le collectif. De plus, un animal touché par la maladie va développer une immunité à vie alors que le vaccin n’est efficace qu’un an. »

Apprendre à vivre avec la FCO

« Il n’y a pas de justification sanitaire à cette campagne de vaccination, estime Deny Narbey. On se met le doigt dans l’œil si on croit pouvoir éradiquer la FCO-4. Je pense que cela va finir comme pour la FCO-8, des foyers vont être détectés partout en France et l’obligation vaccinale sera levée. Il faut apprendre à vivre avec la FCO, en renforçant le système immunitaire de nos animaux. »

Concernant l’impact de la FCO sur les échanges, Deny Narbey considère que la fermeture de certains pays « est de bonne guerre. Nous nous sommes également servis de la FCO comme barrière non tarifaire quand nous en étions indemnes. Au nom d’une logique exportatrice, nous négligeons les risques de la vaccination, pour les animaux et la viande. C’est honteux ! »

La solution ? « la déréglementation de la maladie au niveau de l’Union européenne et une réorientation des flux d’animaux exportés vers le marché national, concomitante à une baisse des importations. »

Valérie Scarlakens