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Les cours des bovins restent très bas

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Faute de débouchés - Les cours des bovins restent très bas
« En cumul sur les semaines 12 à 16, les abattages de réformes allaitantes (–13 %) et laitières (–3 %) ont globalement été en retrait, avec une accélération des abattages de laitières en fin de période », décrit Philippe Chotteau lors du webinaire. © C. Faimali/GFA

Alors que la baisse des prix semble se stabiliser pour les vaches de réforme en France, la chute des cours des jeunes bovins se poursuit. Ailleurs en Europe, les cotations dégringolent partout. C’est une conséquence de plus de l’épidémie coronavirus Covid-19.

L’ensemble des cours des vaches de réforme françaises, bien que relativement stables en semaine 16 [du 13 au 19 avril 2020], restent en deçà de leurs niveaux de 2019. Les cotations des vaches laitières sont les plus dégradées : le cours de la vache O chute de 10 % par rapport à 2019 et celui de la vache P de 6 %.

Dans les catégories du jeune bovin, la tendance est à la baisse. La chute est d’autant plus forte dans le jeune bovin O de type laitier, que l’essentiel de leurs débouchés est en restauration hors domicile (RHD). « La France reste néanmoins affectée dans une moindre mesure par rapport à d’autres de ses voisins européens, davantage dépendants de l’exportation », explique Philippe Chotteau, responsable du département en charge de l’économie à l’Institut de l’Élevage (Idele), lors d’un webinaire le 23 avril 2020.

À lire aussi : Viande bovine, vers une baisse généralisée des abattages en Europe » (16/04/2020)

La filière franco-italienne malmenée

En Italie, les ventes de l’ensemble des viandes augmentent de 15,5 % en grandes et moyennes surfaces (GMS). La demande de jeunes bovins et de génisses se tient, mais les viandes importées, irlandaises notamment, font leur retour dans les linéaires.

« Ces viandes, à des prix très compétitifs, semblent faire pression sur les tarifs de la production de jeunes bovins franco-italiens, soulève Philippe Chotteau. Les abattages de réformes, restent quant à eux au minimum. »

En Espagne, « les opérateurs parlent d’un report incomplet de la RHD vers la grande distribution. En outre, ils ont subi une baisse des ventes vers l’Italie, un de leurs marchés essentiels à l’exportation. Concernant les abattages, l’activité pour les vaches de réforme est quasiment à l’arrêt, faute de débouchés », poursuit-il.

Baisse « vertigineuse » en Pologne

En Pologne, les cours de la vache O et du jeune bovin O sont en retrait de 11 % par rapport à 2019 en semaine 15. « En lien avec l’activité d’abattage extrêmement ralentie, de nombreux animaux sont stockés sur pied dans les fermes », note Philippe Chotteau. Ce pays, qui exporte habituellement 85 % de sa production, principalement vers la RHD européenne, subit particulièrement cette crise.

En Allemagne, « le marché est toujours sous pression et les ventes pour les festivités de Pâques ont été plus faibles qu’espérées », relève l’Idele dans sa note hebdomadaire de conjoncture. Bien que la demande des abattoirs reste très limitée, « le cours de la vache O a repris 3 centimes par rapport à la semaine passée (–13 % par rapport à 2019) et les cotations des jeunes bovins sont également reparties timidement à la hausse en semaine 16. »

Lancements des campagnes de promotion outre-Manche

En Irlande, sur les semaines 13 à 16, les abattages de gros bovins sont en repli de 15 % par rapport à l’an passé. Les cotations de toutes les catégories recensent, elles aussi, des baisses. Face à ce constat, Bord Bia, l’interprofession irlandaise, multiplie les initiatives par des actions de promotion à l’exportation et d’aides à la commercialisation. Un partenariat a d’ailleurs été signé entre Lidl et Bord Bia pour écouler davantage de viande irlandaise dans les rayons italiens.

Au Royaume-Uni, « les cotations, depuis la semaine 15, baissent. Les opérateurs rencontrent de grandes difficultés de valorisation des carcasses. Pour soutenir la filière et aller au-delà de la consommation de viande hachée, AHDB, l’interprofession, a lancé deux campagnes de promotion. Selon leurs calculs, en passant la proportion de hachage de 43 à 63 % de la carcasse [en volumes], la valeur générée diminue de 8 à 9 %. D’où l’enjeu absolument essentiel de revaloriser le haché », déclare Philippe Chotteau.

Lucie Pouchard
Les sorties de jeunes bovins modélisées par l’Idele

À la demande d’un certain nombre d’opérateurs de la filière, l’Idele a comparé, à partir d’un modèle prévisionnel démographique, les sorties de jeunes bovins réelles et attendues en 2020 par rapport aux trois dernières années.

« Les effectifs de jeunes bovins de type viande de 16 à 24 mois ont été ciblés pour ce suivi hebdomadaire. Ainsi, par rapport aux sorties de jeunes bovins abattus ou exportés vifs prêts à abattre depuis 2017, les stocks en ferme sont évalués à 4 900 têtes jusqu’en fin de semaine 16. Un stock bien présent mais pas non plus considérable », considère Philippe Chotteau. Dans le but d’affiner l’analyse, un travail est en cours avec l’interprofession du bétail et des viandes (Interbev) pour dénombrer les effectifs par région.

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