« Depuis trois et demi, nous demandons des aides à l’État pour la vaccination contre la FCO, sans succès. Les entreprises qui exportent vers l’Espagne s’effondrent », regrette Henry Gouzenne, vice-président de la commission en charge de l’exportation à la Fédération française des commerçants aux bestiaux (FFCB). « Avec la chambre d’agriculture (CA) du Lot-et-Garonne, nous avons décidé de prendre en main la filière à l’échelle locale pour sauvegarder notre débouché à l’exportation à destination de l’Espagne. En assurant un plan sanitaire concret, nous donnons de la crédibilité à la filière des veaux nourrissons », reprend-il.

Une double cotation annoncée pour les animaux vaccinés

« La démarche de vaccination volontaire, qui est une première à l’échelle nationale, a été initiée il y a trois mois par la CA », expose Serge Bousquet-Cassagne, président de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne. « Les éleveurs ont été très réceptifs à la mise en place de cette mesure, puisque déjà 50 % des troupeaux laitiers du département sont vaccinés, soit 40 cheptels. Et la CA de la Dordogne est en passe de suivre le même mouvement. »

Jusqu’ici, la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne (47) prenait en charge la totalité du coût de la vaccination, évalué à hauteur de 13 € par animal, en comptant le rappel. « Le GDS du 47 s’est à présent positionné pour appuyer le programme et prévoit une participation de 4 € par vache pour, à terme, couvrir le financement du vaccin à 100 % », explique Henry Gouzenne.

Pour inciter les autres éleveurs à s’investir dans le programme de vaccination, « nous prévoyons une double cotation mercredi prochain sur le marché d’Agen pour tous les veaux issus de mères vaccinées contre la FCO et dont le cheptel est indemne », déclare Serge Bousquet-Cassagne. « Si les éleveurs constatent une plus-value de 20 à 30 € par veau, ils seront forcément amenés à poursuivre le plan de vaccination au moment du rappel de leurs animaux d’ici à un an. »

Lucie Pouchard
Votre analyse du marché - Veaux

Pas de cotation à Château-Gontier

Face à la crise que traversent les éleveurs et les ramasseurs de veaux, la commission des veaux du marché de Château-Gontier a décidé de ne pas établir de grille de cotation. Cela ne fait pas disparaître la pression subie par les producteurs, sur un marché excédentaire, mais le message est destiné aux décideurs des politiques agricoles, qui à ce jour n’ont pas trouvé de solution à cette situation qui perdure depuis de nombreuses années à cette période de l’année.