Dans la ferme Europe, le prix du lait payé aux producteurs continue de progresser, tiré par un prix du beurre au sommet, une demande croissante de fromages, et un engouement certain pour les matières grasses laitières. Ce contexte encourage les éleveurs européens à relancer la production, forts d’une récolte de maïs ensilage de qualité et d’un aliment du marché accessible.

Troupeau laitier en diminution

Sur les six premiers mois de l’année, le cheptel européen est en diminution de 1 % par rapport à 2016. Ce repli est particulièrement marqué aux Pays-Bas, qui comptent 50 000 vaches laitières de moins, en lien avec l’obligation de réduction des émissions de phosphore. La réduction du cheptel laitier est également prononcée en Allemagne (–1,4 %).

Néanmoins, la Commission européenne anticipe une progression de la collecte laitière de 0,7 % sur l’année 2017, encouragée par un fort dynamisme en Irlande, en Italie et en Pologne. Les cheptels ont rajeuni avec des génisses plus productives. Et une alimentation avec des fourrages de qualité, ainsi que l’utilisation croissante d’aliments du marché participent à l’augmentation du niveau de production par animal.

Repli des fabrications de beurre au profit des fromages

Malgré un cours du beurre au sommet, Bruxelles anticipe un repli des fabrications de 3 % sur l’année 2017 par rapport à 2016. La France et l’Allemagne, qui assurent 40 % des fabrications communautaires de beurre, ont vu leur production chuter de 7 % sur les sept premiers mois de l’année. Autre facteur limitant : la teneur en matière grasse du lait collecté, qui plonge de 1,7 % de janvier à juillet 2017, principalement en raison d’une forte proportion de primipares dans les troupeaux.

Sur le marché des fromages, la demande reste soutenue sur le marché intracommunautaire, mais également à l’exportation. Le cours du cheddar se stabilise aux alentours de 3 500 € la tonne. Le Japon et la Corée du Sud restent de grands importateurs. Pour l’année 2017, la Commission prévoit une progression de 2 % des fabrications de fromages et de 6 % des exportations par rapport à 2016.

Nette reprise des exportations de poudre maigre

Les envois communautaires de poudre de lait écrémé ont progressé de 39 % sur les sept premiers mois de l’année par rapport à 2016. La demande reste soutenue de la part de l’Algérie, la Chine, les Philippines, l’Indonésie, le Vietnam, la Malaisie et le Mexique. La Commission anticipe cependant un ralentissement du commerce pour les prochaines semaines, la plupart des acheteurs ayant couvert une grande partie de leurs besoins. Malgré ce dynamisme commercial et des fabrications en repli de 9 % de janvier à juillet 2017, les cours restent plombés par les stocks communautaires d’intervention, de l’ordre de 351 000 tonnes.

V. Gu.