Alors que la hausse de la collecte était de 0,4 % l’année dernière, la Commission européenne table sur une augmentation de 0,6 % pour 2017 dans son bulletin prévisionnel trimestriel publié le 8 mars 2017. « La baisse saisonnière de la production laitière a été plus forte que prévue », observe-t-elle sur la fin d’année.

Conséquence, le prix du lait est reparti à la hausse, en particulier du fait « des cotations records pour le beurre et d’une reprise significative des celles du fromage ». La remontée du prix a été plus forte dans les États comme la Belgique ou les pays baltes où la chute a été aiguë. Elle est moins significative en France.

Croissance au deuxième semestre

Selon la Commission européenne, la collecte du premier trimestre devrait être inférieure à son niveau élevé de 2016, notamment parce qu’il y a une journée de moins en février 2017. Mais au printemps, elle devrait combler l’écart par rapport à l’année précédente. « Et si les prix du lait cru restent stables, on peut s’attendre à une augmentation significative au second semestre de 2017, indique-t-elle. Cette évolution devrait s’accompagner d’une augmentation des rendements de 2 % à 7 065 kg par vache, et du cheptel de 1,6 %. » La Commission prend en compte le déclin des troupeaux qui sera plus important aux Pays-Bas qui doivent se conformer à la législation sur les phosphates.

« En 2018, il pourrait y avoir de la place pour une hausse plus importante de la production laitière européenne, surtout si la demande mondiale continue à augmenter et si l’embargo russe est levé. » Mais toutes ces prévisions sont dépendantes des cours des produits laitiers et du prix du lait. Or la Commission pointe plusieurs facteurs qui pourraient peser sur les prix.

Pression sur les prix

Parmi les leviers pouvant influencer le prix à la baisse, se trouve la hausse potentielle de collecte au printemps. Il est à noter que le cheptel européen restait important à la fin de 2016, synonyme d’un potentiel d’augmentation rapide de la production. « Par exemple en Pologne, la collecte de lait en janvier 2017 était déjà supérieure de 3,6 % à 2016 », illustre la Commission. En France, le cheptel a moins diminué que la collecte, prouvant que les éleveurs n’ont pas décapitalisé. Ils ont réduit les volumes à travers d’autres leviers, comme l’alimentation. La production pourrait donc repartir rapidement.

Les cours dépendent également des autres poids lourds mondiaux du secteur. « L’augmentation de l’offre américaine continue », et peut être une menace. Cela est d’autant plus vrai que les États-Unis se placent comme concurrent direct de l’Europe sur des marchés comme celui de la poudre maigre en Asie.

La Commission européenne cite également « une reprise attendue de la collecte du lait en Nouvelle-Zélande », l’autre géant de l’exportation de produits laitiers. Enfin, Bruxelles n’oublie pas « les stocks accumulés de poudre », placés à l’intervention par l’Europe pendant la crise, qui continueront de peser sur les cours. « Le prix de la poudre de lait devrait rester aux alentours des niveaux actuels », détaille le bulletin prévisionnel.

M.B.