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Des viandes bovines « sans garanties sanitaires suffisantes »

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Europe-Mexique - Des viandes bovines « sans garanties sanitaires suffisantes »
« Interbev en appelle à l’intervention du président de la République pour s’opposer à ce nouvel accord UE-Mexique et bloquer toute négociation en cours portant sur l’ouverture du marché européen à de nouveaux volumes de viandes bovines issues de pays tiers », indique l’interprofession le 29 avril 2020. © Christian Watier

L’interprofession du bétail et des viandes (Interbev) s’élève contre la « modernisation » de l’accord de libre-échange entre le Mexique et l’Union européenne, annoncée par la Commission européenne le 28 avril. Elle alerte sur les risques sanitaires liés à la viande bovine mexicaine.

« La Commission européenne vient de finaliser, ce mardi 28 avril 2020, un accord commercial modernisé avec le Mexique pour ouvrir le marché européen aux viandes bovines mexicaines, à hauteur de 20 000 tonnes par an, à 7,5 % de droits de douane », rapporte l’interprofession du bétail et des viandes (Interbev) dans un communiqué diffusé le 29 avril 2020.

Une décision prise en pleine crise de Covid-19, alors que « nous, professionnels de la filière française de l’élevage et des viandes, avons entendu le président de la République déclarer, au début de la crise, que “déléguer à d’autres notre alimentation serait une folie” », déclare Dominique Langlois, président d’Interbev.

> À lire aussi : « Union européenne-Mexique : Vers la ratification du nouvel accord commercial » (29/04/20)

Des normes sanitaires loin d’être équivalentes

« Les viandes bovines mexicaines, qui ne présentent pas de garanties suffisantes sur le plan sanitaire, étaient jusqu’à aujourd’hui exclues des échanges commerciaux entre l’UE et le Mexique », souligne l’interprofession. Mais l’accord UE-Mexique n’est pas le seul à l’ordre du jour. « La Commission européenne poursuit également, en ce moment même, ses discussions avec le Mercosur, l’Australie et la Nouvelle-Zélande afin d’ouvrir toujours plus le marché communautaire à des viandes d’importation ultra-compétitives […] », fait savoir Interbev.

Un « double discours permanent »

« Ensemble, nous allons rebâtir notre indépendance agricole », soutenait Emmanuel Macron dans un tweet le 17 avril 2020. De ces paroles de soutien à l’agriculture française, l’interprofession attend « en retour que la France et l’Europe mettent désormais en cohérence leurs actes avec leurs discours, pour nous protéger de la concurrence déloyale de viandes importées et nous permettre de poursuivre notre mission nourricière du pays », rapporte Dominique Langlois.

Ainsi, Interbev s’en remet au président de la République pour s’« opposer à ce nouvel accord UE-Mexique et bloquer toute négociation en cours portant sur l’ouverture du marché européen à de nouveaux volumes de viandes bovines issues de pays tiers ». L’interprofession demande également au chef de l’Etat d’« exiger, à Bruxelles, la suspension de toute importation de viandes bovines provenant de pays tiers pendant la période d’état d’urgence sanitaire ».

Lucie Pouchard
Les syndicats agricoles en colère

« Arrêtons de signer des accords qui tuent notre agriculture », clame la Coordination rurale (CR) dans un communiqué le 29 avril 2020, en réaction à la signature de l’accord UE-Mexique. Le syndicat dénonce cet accord « aberrant » qui « s’annonce destructeur pour nos filières agricoles. » « On nous parle d’exception agricole quand on a besoin des agriculteurs pendant la crise, puis le lendemain on signe des accords qui permettent d’importer des produits qui créent une distorsion de concurrence avec nos agriculteurs », déclare Bernard Lannes, son président.

La Fédération nationale bovine (FNB) fait aussi savoir son mécontentement dans un tweet où elle relève un « niveau d’incohérence et de double discours record ».

La Confédération paysanne s’oppose tout autant aux négociations conclues par la Commission. Dans un communiqué diffusé le 30 avril, le syndicat estime que « la souveraineté alimentaire ne rimera jamais avec libre-échange et compétition » et s’insurge contre « cette course au toujours plus, à moins cher » mise de nouveau en exergue par ce traité de libre-échange.

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