« Baisse de la consommation de viande et de lait, difficultés économiques et de transmission des exploitations existantes, montée des préoccupations concernant le bien-être animal : face à ces réalités qui s’imposent à nous, le devenir de nos élevages est fortement questionné, contextualise l’association Solagro dans un communiqué diffusé le 19 juillet 2021. Si pro et anti s’opposent sur la question, elle mérite pourtant d’être débattue avec plus de nuance. »

L’association a apporté sa pierre à l’édifice, en publiant un rapport centré sur « le rôle effectif de l’élevage », au-delà de nos assiettes, en avril 2021. Les réflexions transposées dans ce document font suite « à l’atelier conduit dans le cadre de l’Université Afterres2050, qui a regroupé une centaine de participants : scientifiques, institutionnels, éleveurs et citoyens. »

L’élevage n’est pas indispensable à la fertilité des sols

« L’argument du transfert de fertilité très souvent avancé pour justifier le maintien des élevages est aujourd’hui erroné », avance l’étude, qui réaffirme que « les seules sources primaires de matière azotées sont les engrais de synthèse et les légumineuses. » De fait, « les animaux ne font que recycler l’azote contenu dans l’herbe et les aliments qu’ils consomment ». Le transfert de fertilité n’ayant de sens qu’en systèmes extensifs.

En agriculture biologique, « le principe du fumier végétal à base de fougères, d’herbe ou de débris végétaux » permet de se passer d’apports d’azote organique. « L’azote n’étant pas exporté sous forme de lait ou de viande, la totalité de l’azote symbiotique est conservée sur l’agrosystème », précise le rapport.

Les prairies sont précieuses

Si la question de la compétition des surfaces pour l’alimentation humaine et animale se pose également, des arguments plus encourageants enrichissent le débat. « Certaines prairies, ainsi que les paysages diversifiés comportant des prairies, sont les lieux d’une biodiversité riche et particulière », appuient les auteurs de l’étude.

Si les forêts sont le plus souvent bénéfiques pour l’environnement, leur développement au détriment des prairies « ne serait pas sans conséquences néfastes importantes. » Esthétisme des paysages, réduction du risque d’extension des incendies, soutien de l’économie rurale ou encore sauvegarde d’une faune sauvage spécifique sont autant d’arguments avancés. Le tout étant de trouver le bon équilibre.

Ces réflexions, et bien d’autres sur l’empreinte carbone des élevages ou l’interdépendance entre élevages laitiers et allaitants, sont accessibles ici.

Définir des axes de progrès pour chaque filière

Quoi qu’il en soit, l’association Solagro estime « nécessaire de définir des solutions de mutation pour chaque type d’élevage plutôt que de viser l’éradication pure et simple d’une forme d’élevage en particulier. »

Les grandes pistes avancées sont les suivantes : « augmenter la part du pâturage pour les élevages de ruminants », « limiter l’utilisation de céréales et tourteaux en élevage laitier » et « désintensifier les élevages des monogastriques. »

Alexandra Courty