« Le sujet de l’information du consommateur est absolument primordial, déclare Caroline Le Poultier, directrice de l’interprofession laitière (Cniel), à La France Agricole le 3 février 2021. Dès qu’une initiative se présente en ce sens, nous ne pouvons que l’encourager. » Et la dernière en date concerne l’appel à projets lancé par l’Agence de la transition écologique (Ademe), à propos du déploiement à grande échelle d’un score environnemental sur les produits alimentaires.

Au travers de cette expérimentation, l’Ademe donne l’opportunité aux structures impliquées de proposer leur propre méthodologie visant à estimer l’empreinte environnementale des aliments, plus ou moins transformés. Les dossiers peuvent être déposés jusqu’au mois de juin, après quoi une synthèse sera livrée au ministère de la Transition écologique. Les recommandations finales sont attendues vers l’automne 2021.

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Viser au plus juste

« Le Cniel va participer à cet appel à projets, annonce Jennifer Huet, chargée de mission dans le domaine de l’environnement au Cniel. Ce travail est piloté par l’Association de la transformation laitière française (Atla). Un dossier sera déposé en juin. » Si les détails de la méthodologie en préparation ne sont pas encore communiqués, elle reposera néanmoins sur le principe de « l’analyse du cycle de vie (ACV) », à l’image du polémique référentiel Agribalyse. « Cette méthode n’est pas parfaite, mais nous devons travailler dessus pour le moment. Il s’agit de la seule méthode reconnue au niveau international », indique la spécialiste.

« Dans la filière, nous disposons d’un outil approuvé par la Commission européenne, le Dairy Pef (1), évaluant l’empreinte environnementale des produits laitiers, indique Jennifer Huet. Il nous est paru important de s’appuyer dessus. » En complément, les experts impliqués prévoient d’inclure au système de notation les « externalités positives », comme la biodiversité. Un aspect « qui manque cruellement à l’ACV. »

En comparaison à Agribalyse, dans sa forme actuelle, la méthode élaborée par la filière laitière devrait également apporter plus de précision. « L’empreinte environnementale estimée d’un seul fromage n’est pas forcément représentative de celle de l’ensemble des fromages appartenant à sa famille, explique Jennifer Huet. L’objectif serait d’avoir une empreinte par produit et potentiellement par marque, si les transformateurs souhaitent s’approprier l’outil avec leurs propres données. »

Alexandra Courty

(1) Dairy Pef est une méthodologie européenne, basée sur l’ACV, permettant d’estimer l’empreinte environnementale des produits laitiers. En anglais, Dairy Pef se lit « dairy product environmental footprint. »