Les acteurs industriels du biométhane mettent la pression. Après le « think-tank » France Biométhane au mois de septembre, ce sont les poids lourds de la filière qui montent au créneau ce 26 octobre 2017. Ils publient un observatoire dans lequel ils formulent plusieurs recommandations. Parmi elles, le volume de financement estimé à 10 milliards d’euros pour continuer à soutenir la production fait figure de proposition « choc ».

En effet, selon l’étude, « les perspectives de croissance de la filière sur 2019-2023 correspondent à un volume total de financement de 1 à 2 milliards d’euros. Pour atteindre les objectifs fixés par la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte, le volume de financement requis d’ici à 2030 est estimé à 10 milliards d’euros. »

Simplification technique et administrative

Dans l’immédiat, l’état des lieux recommande une facilitation de la mise sur le marché du digestat et une simplification des démarches administratives. Sur ce premier volet, le ministère de l’Agriculture met justement en consultation publique jusqu’au 13 novembre un projet d’arrêté.

Ce dernier fixe les modalités selon lesquelles les opérateurs, notamment de conversion des sous-produits animaux en compost ou en biogaz, peuvent déroger aux dispositions fixées par le règlement européen.

Cette mesure consiste essentiellement en une simplification de l’utilisation du lisier et la conversion de sous-produits animaux et produits qui en sont dérivés en biogaz ou en compost.

Un potentiel de 300 stations GNV d’ici 2025

Dans un second temps, l’étude préconise le développement d’un modèle de fonds de garantie, puis une refonte des mécanismes de soutien aux usages, notamment pour le biométhane porté injecté et non injecté.

La filière souhaite aussi le développement d’un réseau de 300 stations GNV d’ici à 2025. Pour l’heure, une cinquantaine est disséminée sur le territoire. L’une des dernières, Agribiométhane, qui avait été le sujet d’un reportage de La France Agricole, a ouvert sa station de distribution Bio GNV ce vendredi 27 octobre.

Sur un volet plus industriel, l’étude estime que la réduction des coûts de production grâce à l’innovation et l’optimisation des technologies et des pratiques peut atteindre 30 % d’ici à 5, voire 10 ans.

Coup de pouce bis

Au mois de septembre, le groupe de réflexion France Biométhane décomptait à la fin du mois de juin 2017, 35 unités de production dans l’Hexagone, dont 22 à couleur agricole. Dans son rapport, il définit la filière comme non mature et demande une prolongation de la durée des contrats d’achat de 15 à 20 ans. Depuis, le gouvernement a annoncé un coup de pouce au raccordement.

Vincent Gobert

Les partenaires de l’étude portant sur l’état des lieux du biométhane en France sont Biogaz Vallée, Cryo Pur, Enea, GRDF, GRT Gaz, Meridiam, TIGF et Total.