« J’ai l’âge de votre père, je suis breton, comme lui et je suis moi aussi viscéralement attaché au monde agricole. » Dans une tribune publiée dans le Huffington Post le 28 novembre 2016, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, répond à Manon, fille d’agriculteur. Cette jeune bretonne de 16 ans avait publié début novembre une lettre intitulée « mon père, ce héros », qui a fait le buzz sur les réseaux sociaux.

« Que va devenir mon père, quand il n’y aura plus que des fermes de 1 000 vaches, des usines de poudre à lait, ou encore des steaks totalement chimiques ? » se demandait la jeune fille dans sa lettre. Le ministre lui répond qu’il s’est battu pour rééquilibrer les aides Pac entre l’élevage et les grandes cultures. « Manon je dois vous dire aussi que l’agriculture, ce ne sont pas des petits contre des gros, des petites fermes familiales contre des modèles plus intensifs », déclare-t-il.

L’agroécologie, si chère au ministre, en réponse

« Que penser, quand nous entendons tous les jours, à la télévision ou à la radio, que le prix du lait ne cesse de baisser, passant sous la barre des 30 centimes au litre ? » s’inquiète Manon. Stéphane Le Foll lui explique que les prix ont baissé du fait d’un marché mondialisé. En réponse, il a, lui, promu une « agriculture différente » pour corriger ces effets pervers.

« Cela s’appelle l’agroécologie. Car produire autrement, c’est-à-dire avec moins d’engrais, de produits chimiques et en respectant mieux l’intelligence de la nature c’est aussi une manière d’être compétitif et de préserver le modèle agricole auquel vous êtes attachée », explique le ministre.

Après avoir rappelé qu’il s’est battu pour changer les règles d’étiquetages sur les produits français, le ministre veut « donner de l’espoir » à Manon. « Votre lettre est un très beau témoignage et tant que je serai là, je me battrai pour défendre une agriculture la plus proche de celle que vous appelez de vos rêves », conclut-il.

T.D.