« La faible valorisation des veaux et la baisse du prix du lait ont-elles provoqué un développement de l’engraissement des veaux chez les producteurs de lait ? À l’inverse, la baisse du prix de la viande décourage-t-elle l’engraissement par ces éleveurs ? » L’Institut de l’élevage (Idele) a tenté de répondre à ces questions pour estimer l’impact de la conjoncture sur l’engraissement des veaux par les éleveurs laitiers durant le confinement.

À travers un échantillon de 390 éleveurs laitiers, « il semble que la production de veaux gras (moins de huit mois) soit en légère hausse au global », constate l’Idele dans son analyse diffusée le 15 septembre 2020. Le refus de brader les veaux constitue la première motivation des producteurs à changer de pratique en 2020 et ainsi, à engraisser davantage. A contrario, les éleveurs qui font le choix d’engraisser moins « déplorent en premier lieu la faible rentabilité de l’activité et, en second lieu, la disponibilité limitée en fourrages. »

« 54 % privilégient les veaux gras »

Parmi les éleveurs ayant l’intention d’engraisser davantage de veaux laitiers en 2020, 54 % comptent privilégier les veaux gras. Ces derniers se cantonnent toutefois à un effectif restreint : moins de cinq veaux par an pour 40 % des répondants ou entre cinq et dix pour 26 % autres.

« La disponibilité en lait, la mauvaise conjoncture des veaux nourrissons ainsi que la bonne valorisation par la vente directe auraient participé à une hausse ponctuelle de l’engraissement de veaux mâles par les éleveurs laitiers, pour un effectif plutôt restreint », reprend l’Idele.

Résultats d’une enquête en ligne réalisée par l’Institut de l’élevage auprès de 390 éleveurs laitiers durant les mois de juin et juillet 2020.

À l’inverse, l’intention exprimée par d’autres éleveurs laitiers de réduire l’engraissement « porte majoritairement sur la production de taurillons, et sur un nombre d’animaux important. »

Finalement, dans l’échantillon, « l’augmentation et la réduction des activités d’engraissement planifiées pour 2020 s’équilibrent à peu près pour les taurillons, les bœufs et les génisses » tandis qu’une « légère hausse » de la production de veaux gras semble se dessiner.

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Lucie Pouchard
Votre analyse du marché - Veaux

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