« La crise sanitaire liée au coronavirus a mis en exergue les besoins particuliers de télémédecine », explique le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, dans un communiqué publié le 6 mai 2020. La pratique, qui promet flexibilité, réactivité et proximité notamment en zone rurale, va pour la première fois être mise à l’essai sous l’égide du Conseil national de l’ordre vétérinaire.

> À lire aussi : Santé animale, pas de trêve pour les vétérinaires pendant l’épidémie (26/03/2020)

« Cette expérimentation [de dix-huit mois, NDLR] vise à recueillir des informations sur les pratiques des vétérinaires en matière de télémédecine, l’intérêt de ce type d’exercice, notamment au regard de l’amélioration du maillage territorial et du renforcement de la relation entre détenteurs d’animaux et vétérinaires, les difficultés et risques encourus, ainsi que les outils technologiques nécessaires, en vue d’être en mesure de définir, le cas échéant, une réglementation pérenne », justifie le décret paru au Journal officiel de la République française le 6 mai 2020, entré en vigueur le lendemain. « Un rapport d’évaluation de cette expérimentation sera produit à la fin de 2021 », précise le ministère de l’Agriculture.

Sur la base du volontariat

Les praticiens intéressés doivent adresser une déclaration d’activité de télémédecine vétérinaire au conseil régional de l’ordre. Les catégories d’acte de télémédecine, listées ci-après, testées doivent être spécifiées.

La télémédecine vétérinaire inclut :

  • La téléconsultation en temps réel ;
  • La télésurveillance, permettant au praticien d’interpréter à distance des données enregistrées sur l’élevage ;
  • La télé-expertise, permettant à un vétérinaire de solliciter l’avis de ses pairs ;
  • Et la télé-assistance médicale, permettant d’assister à distance un autre praticien.

Consultation soumise à conditions

Le virtuel ne pouvant se substituer à tout, la télémédecine se voit restreinte au suivi sanitaire permanent du troupeau « dès lors qu’une visite physique a été réalisée depuis moins de six mois », avec une possible dérogation jusqu’à douze mois, spécifie le décret. Pour un animal seul, la pratique ne concerne que les animaux ayant fait l’objet « d’une consultation réalisée par le même vétérinaire ou par un vétérinaire exerçant au sein du même domicile professionnel d’exercice » dans les douze derniers mois. Il est à noter que la prescription d’antibiotiques d’importance critiques nécessite le déplacement du vétérinaire.

Dans tous les cas, le texte indique que « la mise en place de la télémédecine relève de la seule responsabilité du vétérinaire, qui doit s’assurer que cela ne compromet pas le pronostic médical de l’animal ». Une dimension reprise dans le communiqué du ministère de l’Agriculture : « Ce décret ne se substitue en aucun cas à l’obligation de continuité de soins et de réalisation de visites et d’examen clinique des animaux pour la délivrance de médicaments vétérinaires. »

A. Courty