La fermeture de la quasi-totalité de la restauration hors domicile (RHD) à deux reprises cette année et la limitation des mises en place par les intégrateurs sont lourdes de conséquences sur le marché du veau nourrisson.

Pour pallier le manque de débouchés sur l’Hexagone, « les exports de veaux ont augmenté de 15 % au printemps dernier », relève la Confédération paysanne. Mais force est de constater qu’après cette « vague massive d’exports », le marché espagnol est « désormais engorgé ».

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Des prix « dérisoires »

Selon la Confédération paysanne, « la mévente et la faible valorisation des veaux font planer la menace d’une suspension de ramassage dans les fermes cet hiver. » Pour Laurent Leray, éleveur laitier dans l’Orne et représentant du syndicat, « une portion non négligeable de veaux laitiers, même de forme, part à des prix extrêmement bas, de l’ordre de 20 à 30 €. »

Cette crise conjoncturelle, accentuée par la crise de Covid-19, reflète « une fois de plus la fragilité et les limites de cette filière qui reste sous l’emprise des intégrateurs », dénonce le syndicat. Alors que les prix « dérisoires encore tirés vers le bas » mettent à mal les producteurs laitiers, la Confédération paysanne appelle l’interprofession laitière (Cniel) et l’interprofession du bétail et des viandes (Interbev) « à se saisir pleinement du sujet. »

« Les solutions doivent être trouvées conjointement entre les deux filières pour davantage de cohérence, estime Laurent Leray. Pour tendre vers une filière durable et éthique et correspondre ainsi aux attentes des consommateurs, les filières, lait et viande, vont devoir régler ces problèmes conjoncturels. »

Lucie Pouchard