« Ici l’Aveyron ! À vous Paris ! », lancent les éleveurs aveyronnais mécontents de ce qui se trame actuellement à Paris et Bruxelles. « Il s’agit d’un message essentiellement destiné au ministre de l’Agriculture, car les décisions qui sont en train d’être prises relèvent du plan stratégique national et d’arbitrages propres à la France », explique Dominique Fayel, ex-président de la FDSEA de l’Aveyron, aujourd’hui élu à la FNSEA et membre d’une instance consultative sur la Pac.

> À lire aussi : Élus et agriculteurs réclament une Pac forte pour la montagne (04/02/2021)

« L’élevage n’est pas en odeur de sainteté »

La colère des éleveurs de montagne aveyronnais est à replacer dans un contexte difficile lié, sur le marché intérieur, aux négociations commerciales avec la grande distribution, toujours difficiles et pour lesquelles ils souhaiteraient que l’État s’implique davantage. Se rajoutent, à l’exportation, des difficultés depuis six mois à vendre les broutards, grosse production de la région.

Le « fameux » taureau de Laguiole, symbole de l’élevage de la région, a été recouvert d’une banderole © FDSEA 12 sur Twitter

« Nous apprenons par ailleurs, par des bruits de couloir, que les discussions sur le Mercosur pourraient reprendre, que les aides couplées à l’élevage pourraient être remises en question et baisser de 3 % (10 % du premier pilier de la Pac contre 13 % aujourd’hui), que l’ICHN, dans le cadre du second pilier, ne serait plus financée qu’à 65 % par l’Europe, au lieu de 75 %… », poursuit Dominique Fayel. « L’Élevage n’est vraiment pas en odeur de sainteté en ce moment, Même les chèques alimentaires destinés aux étudiants pourraient être réservés aux fruits et légumes », regrette l’élu.

© FDSEA 12 sur Twitter

Une trentaine de tracteurs ont ainsi traversé le viaduc de Millau, qui permet de relier le département à Paris. Un symbole pour interpeller le gouvernement sur le département et ses 440 000 ha d’herbe, que seuls des ruminants peuvent valoriser. « La France a toujours défendu un fort couplage, ajoute Dominique Fayel. Nous nous interrogeons aujourd’hui sur sa position. »

Florence Jacquemoud