En 2015, personne ne croyait à l’efficacité de la brigade loup. Trois ans après, toutes les zones où le loup attaque les troupeaux s’arrachent les services des treize agents qui la composent. Tel est le constat de Didier Laurent et Antoine de Changy, les auteurs du documentaire, qui ont suivi les hommes de la brigade loup au plus près de leurs interventions.

Au fil du temps, ces hommes engrangent de nouvelles connaissances sur la vie du prédateur et apportent enfin un peu de soulagement aux éleveurs. Pour des raisons de sécurité tous les agents restent toutefois anonymes, car ils reçoivent de nombreuses menaces. Ce qui témoigne du caractère hautement sensible de leur mission.

Lunettes thermiques

« En signant mon contrat de travail, je n’aurais jamais imaginé pouvoir observer le prédateur aussi souvent », témoigne l’un des jeunes agents. Grâce à des lunettes thermiques, ils peuvent déceler les mouvements des animaux la nuit. « Le but de la brigade n’est toutefois pas de tuer les loups mais avant tout de protéger les troupeaux », souligne son responsable.

D’ailleurs après près de 10 000 heures de présence auprès des troupeaux, les agents ont prélevé 8 loups en 2018. Ils l’ont tiré à 15 reprises. Chaque tir est suivi d’une recherche avec des « chiens de sang ». Les images montrent la collaboration qui s’installe entre la Brigade et les bergers, dont les troupeaux subissent des attaques à répétition.

La présence humaine limite un temps la pression des prédateurs, et apaise les souffrances des bergers, mais la brigade est itinérante et doit rejoindre d’autres sites prédatés, comme l’Aveyron, par exemple, où la situation est très tendue en raison de l’importance du cheptel ovins ou dans les Pyrénées. On a même fait appel à leur expertise pour les tirs de nuits récemment à la frontière belge dans le cadre de la gestion de la peste porcine.

Pas de poste supplémentaire

Pour autant il est peu probable que l’effectif de la brigade augmente. « La brigade loup est pérenne aujourd’hui, a assuré Olivier Thibault, directeur général de l’ONCFS, lors des débats à la fin de la projection. Elle est intégrée dans les dépenses de fonctionnement normal de l’Office. Mais chaque fois que l’on crée un poste, il faut en supprimer un autre à côté. Et le plafond de l’emploi de l’ONCFS continue de baisser tous les ans de façon forte. Cette année, il faudra compter 39 équivalents temps plein en moins pour l’établissement. »

Les lieutenants de louveterie constituent un appui précieux pour la Brigade afin de reconnaître le terrain. Nommés par le préfet, les louvetiers sont aujourd’hui des jeunes passionnés. Mais ces bénévoles dont les frais de déplacement ne semblent pas partout pris en charge ne finiront-ils pas par se lasser ? Et surtout leur activité professionnelle leur laissera-t-elle beaucoup de temps ?

Visionnez le film.

M.-F. M. 

(1) « Avec les hommes de la Brigade Loup » sera diffusé le 9 mars sur la chaîne Seasons.