Dans une courte vidéo, Mickaël Guilloux, secrétaire général de la FNP, rappelle que, « alors que la filière porcine doit faire face à des distorsions de concurrence intra-européennes depuis des années et qu’on est en plein débat sur les EGA avec la montée en gamme, les accords Mercosur [avec 4 pays d’Amérique du Sud, ndlr] et Ceta [avec le Canada] vont nous imposer demain un contingent de viande de près de 100 000 t qui ne correspond en rien aux normes françaises. On ne peut pas demander toujours plus aux éleveurs français avec la montée en gamme, et importer n’importe quoi : l’État doit faire face à ses responsabilités. »

Des standards qui ne s’appliquent pas aux importations

Pour sa part, la CFA rappelle que « près d’un poulet sur deux consommés en France est importé, en majorité dans la restauration hors domicile et qu’« un poulet brésilien ou ukrainien coûte environ deux fois moins cher à produire qu’un poulet européen et n’est pas soumis aux mêmes règles en matière sanitaire ou de bien-être animal ». Le syndicat critique donc la « représentation nationale » qui « n’hésite pas à rajouter de nouvelles contraintes aux éleveurs », notamment sur l’étiquetage du mode d’élevage, sans pour autant s’assurer que ces mêmes standards s’appliqueront également aux produits importés.

« Quelle cohérence avec les plans de filière quand on sait qu’une telle règle ne s’appliquera pas sur les produits importés ? Et que, quand bien même elle s’appliquerait, nous n’aurions aucun moyen de vérifier son respect », interroge la CFA, rappelant les « fraudes sanitaires à répétition, et les contrôles très peu rassurants » sur les viandes de volailles brésiliennes, mais aussi ukrainiennes.

E.C.