Le ministère espagnol de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation a tranché. Dans une note d’information publiée le 27 février 2021, les autorités publiques annoncent avoir pris leur décision quant au devenir des 895 veaux embarqués le 18 décembre dernier au port de Carthagène et destinés initialement à la Turquie.

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L’état des veaux, après plus de deux mois en mer Méditerranée, ne permet pas « d’entreprendre un nouveau voyage pour l’exportation vers un pays tiers », rapportent les services vétérinaires et douaniers dépêchés sur le cargo Karim Allah les 25 et 26 février.

Conformément à la réglementation applicable, le ministère a ordonné aux responsables du transport de « procéder à l’isolement et à l’abattage des animaux ». Si ces derniers refusent, cette tâche reviendra au ministère de l’Agriculture « à titre subsidiaire ».

Des obligations sanitaires à respecter

Après s’être vu refuser le débarquement des veaux en Turquie en décembre 2020, le navire avait tenté sa chance en Libye, où les autorités ont aussi refusé de décharger les animaux. L’armateur du cargo s’était alors résolu à revenir près du port de Carthagène en Espagne, son lieu de départ, la semaine dernière.

C’est à ce moment-là que les autorités portuaires espagnoles ont ordonné l’accostage du navire, « afin que les services vétérinaires de l’administration générale de l’État puissent effectuer une inspection sanitaire et de bien-être des animaux », explique le ministère.

« Dans le respect de la réglementation en vigueur et avec l’intention expresse de réduire les risques sanitaires et la souffrance des animaux », les autorités espagnoles ont exigé l’abattage du bétail. De plus, l’importation d’animaux vivants sur le territoire communautaire en provenance de pays tiers non autorisés (1), même si les animaux n’ont pas été déchargés, est interdite.

Le concept de zonage « rejeté » par les autorités turques

Dans sa note d’information, le ministère espagnol clarifie un autre point : « Au moment du départ, le transport était couvert par la certification des autorités vétérinaires espagnoles, qui garantit le bon état sanitaire des animaux et le respect des conditions de bien-être du transport, conformément à la législation communautaire », assure-t-il.

Si le déchargement a été refusé en Turquie, c’est à cause de la « non-acceptation par les autorités turques du principe de zonage communautaire en matière de santé animale », poursuit le ministère espagnol. Dans le cas en question, les animaux provenaient de zones indemnes de fièvre catarrhale ovine (FCO), leur statut sanitaire était certifié, et ils étaient donc sains et aptes à l’exportation. »

Les bovins à bord de l’Elbeik connaîtront le même sort

D’après un tweet de CIWF France diffusé ce jour, l’abattage des veaux embarqués sur le navire Karim Allah est prévu le mardi 2 mars. Les 1 776 bovins à bord de l’Elbeik (2) devraient arriver à quai en Espagne le 8 mars, où ils connaîtront le même sort.

Lucie Pouchard

(1) La Turquie, destination initiale des veaux, et la Libye ne figurent pas sur la liste des pays tiers autorisés à exporter des animaux vivants vers l’Union européenne.

(2) L’Elbeik, chargé d’une cargaison de 1 776 bovins, était parti le 18 décembre 2020 au départ de Tarragone. Tout comme le Karim Allah, le bateau avait pris le chemin de la Turquie, À son arrivée, le déchargement de la marchandise lui avait été refusé, en raison d’une suspicion de fièvre catarrhale ovine (FCO).

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