L’accalmie avant la tempête ? « La situation actuelle est moins favorable que le scénario escompté au début de l’année 2020 avant que la pandémie du coronavirus ne se manifeste, indique Benoît Rouyer, directeur en charge de l’économie et des territoires au Cniel. Pour autant, la conjoncture n’est pas dégradée comme elle le fut au cours des années 2015 ou 2016. Il n’y a pas de stock à l’intervention, il n’y a pas non plus de menace à court terme concernant une potentielle chute des prix sur les marchés internationaux. » Mais rien ne dit que cela va durer.

La collecte résiste

D’après FranceAgriMer, la collecte française affichait une belle croissance de 2,4 % sur le premier trimestre de 2020. Si l’arrivée du confinement et du plan de régulation du Cniel ont freiné cette dynamique, l’évolution des livraisons reste positive sur les sept premiers mois de l’année (+0,9 % par rapport à 2019). « Une forte reprise a été enregistrée sur le mois de juillet (+2,7 % par rapport à 2019), note l’économiste. Mais les épisodes de canicule ont brisé cet élan au cours du mois d’août. » En juillet, le prix de base du lait conventionnel s’élevait à 326 €/1 000 litres, soit 14 €/1 000 litres de moins que l’an passé.

En parallèle, les cours des produits laitiers industriels ont de nouveau progressé en mai, une fois le pic de collecte printanier passé. Ils sont aujourd’hui stabilisés, bien qu’à « des niveaux en dessous des valeurs du début de l’année ».

Avenir incertain

Du côté de la consommation, « les ventes de produits laitiers dans les grandes surfaces tendent désormais à se rapprocher du niveau qu’elles avaient avant la crise sanitaire », explique Benoît Rouyer. Mais leurs fluctuations futures inquiètent. La reprise de la restauration hors foyer également. « La crise économique rend imprévisible l’évolution du comportement des consommateurs au cours des prochains mois », conclut le spécialiste.

A. Courty