« L’ambition partagée entre les éleveurs et le gouvernement de mettre le “collectif” de la filière au service de la recherche de valeur pour les éleveurs n’a pas été concrétisée », déplore la Fédération nationale bovine (FNB), à l’issue de la concertation avec les professionnels (1) du secteur, en présence du ministre de l’Agriculture le 11 décembre 2020.

« Reprendre la main sur la commercialisation de ses animaux »

En visite dans le Puy-de-Dôme au mois d’octobre, Julien Denormandie avait organisé une première réunion entre syndicats et opérateurs commerciaux pour trouver des solutions face à la crise actuelle du broutard.

Deux mois plus tard, « la note de synthèse présentée par les groupes d’exportation ne fait ressortir aucune proposition quant à la volonté collective des acteurs de la filière d’aller chercher de la valeur », rapporte Bruno Dufayet, le président de la FNB, à La France Agricole.

Face à ce nouvel échec, le syndicat encourage les éleveurs à « reprendre la main sur la commercialisation de leurs animaux ». La contractualisation dans le secteur du jeune bovin est une des pistes évoquées pour y parvenir. La FNB attend par ailleurs un « soutien fort, concret et déterminé » du ministre de l’Agriculture pour aider à la restructuration de la filière.

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La « désinvolture » de certains acteurs pointée du doigt

« Dans un marché en crise, la seule stratégie consiste à se piquer les clients, induisant des baisses de prix, dénonce Bruno Dufayet. Nous ne savons pas profiter, à l’heure actuelle, des opportunités de marchés, de la qualité reconnue de nos broutards français ou encore de la dépendance de l’Italie envers notre production. »

Dans son communiqué, la FNB s’indigne de la « désinvolture coupable dont font preuve certains acteurs de la filière – y compris coopératifs ». Ces derniers, « alertés depuis des mois par les éleveurs, n’ont toujours pas apporté le moindre élément de réponse tangible à la baisse des prix injustifiée qu’ils imposent à leurs fournisseurs », reprend le syndicat.

Malgré les efforts amorcés lors du congrès de la FNB en février dernier, force est de constater qu’il y a une « rupture avec certaines structures dans la réflexion collective de captation de la valeur, estime Bruno Dufayet. La crise que traversent les filières du broutard et du jeune bovin en sont la belle démonstration. »

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Lucie Pouchard

(1) Étaient présents : la Fédération nationale bovine, les groupes Deltagro, Eurofeder, Bevimac, la Coopération Agricole et la Fédération française des commerçants en bestiaux.