« En mars 2020, l’activité de la filière du canard à rôtir est toujours au ralenti », c’est ce qu’indique Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, dans une note de conjoncture de mai 2020. En un an, les abattages de canards ont reculé de 12 %. Agreste explique ce recul par le contexte de surproduction européenne qui suit la période des crises sanitaires.

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Les débouchés du canard à rôtir se ferment

« La filière réduit fortement sa production depuis juin 2019 », explique le service de la statistique. Elle est aussi victime des mesures de confinement. « Selon l’interprofession Anvol, le confinement mis en place en mars en raison du Covid-19 réduit les débouchés des viandes de canard de cette filière, principalement orientés vers la restauration et les exportations », explique le service du ministère de l’Agriculture.

De plus, Agreste précise que, selon Kantar Worldpanel, « les achats par les ménages pour leur domicile reculent de 10 % entre février et mars 2020 ».

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Les abattages des volailles tirés par le poulet et la dinde

Pour l‘ensemble des volailles de chair, en revanche, en mars 2020, les abattages rejoignent, en poids, le niveau de mars 2019 (+0,5 %) et restent proches de la moyenne des mois de mars des cinq dernières années (+0,3 %).

« Les abattages des volailles toutes espèces confondues se maintiennent, tirés par les filières du poulet (+1,3 %) et de la dinde (+3,5 %), précise Agreste. Pour cette dernière, le déficit se réduit par rapport à la moyenne de 2015 à 2019 ». Toutefois, en dépit de cette hausse observée en mars 2020, au premier trimestre les abattages de volailles reculent de 1,3 % en poids en glissement annuel.

Une production de volaille de chair en recul

Du côté de la production, entre février 2019 et février 2020, les mises en place de poussins ont reculé de 17 % pour les canetons et de 8 % pour les poussins de chair. En revanche, les mises en place de dindonneaux affichent une nouvelle hausse de près de 10 % en glissement annuel.

« La production de volailles de chair recule de 1,7 % en poids sur un an et concerne toutes les espèces, hormis les dindes (+1,3 %) », note le service de la statistique.

« La production en têtes de canards, à rôtir et à gaver, est même inférieure de 3 % au niveau moyen bas de la période de 2016 à 2017 marquée par les crises d’influenza aviaire », ajoute-t-il.

En février 2020, les exportations de viandes de poulet reculent encore fortement, (–19 % en glissement annuel), notamment vers les pays tiers. Du côté de la production d’œufs, Agreste prévoit qu’elle sera « supérieure de près de 3 % à celle de la moyenne quinquennale ».

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M.-A. B.