« S’il faut déconfiner les tonnes à lisier et les épandeurs à fumier pour se faire entendre, nous le ferons », a lancé Daniel Perrin, le secrétaire général de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), lors d’une conférence de presse le 30 septembre 2020. À l’approche des négociations commerciales entre transformateurs et distributeurs, le syndicat met la pression sur les acteurs de l’aval pour respecter la loi issue des États-généraux de l’alimentation (EGA).

« 60% du lait collecté en France est valorisé sur le marché intérieur. L’indicateur interprofessionnel du coût de production doit a minima être pris en compte sur ces volumes », appuie Daniel Perrin. Quant aux indicateurs des produits de grande consommation exportés et à la valorisation beurre poudre, « ce sont également les références du Cniel qui doivent être utilisées. Elles ont été validées par les quatre collèges de l’interprofession [NDLR : producteurs, coopératives, industriels privés et distributeurs] »

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« Deux Smic par producteur »

Les coopératives laitièressont en particulier dans le viseur des producteurs. « Nous avons rencontré cet été les responsables de la coopération laitière. Nous leur avons donné un ultimatum fixé au 15 octobre pour nous présenter des formules de prix qui s’appuient sur l’indicateur des coûts de production interprofessionnel », indique Michel Lacoste, le secrétaire adjoint de la FNPL. « Cet indicateur vise une rémunération de deux Smic par producteur », enchérit Daniel Perrin.

Pour ce faire, le syndicat insiste sur l’importance de prendre en compte l’ensemble des volumes. « Il est grand temps que les marques de distributeurs entrent dans la danse, appuie Marie-Thérèse Bonneau, la vice-présidente du syndicat. Il est hors de question d’appliquer partiellement la loi EGA ».

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Vincent Guyot