« Une première étape a été franchie », assure Emmanuel Binois, président de France Milk Board Grand Ouest. Dans un communiqué publié ce vendredi 6 mars 2020, les organisations de producteurs (OP) France Milk Board (FMB) Grand Ouest et Normandie ont annoncé avoir noué un accord-cadre avec Lactalis, le numéro un mondial du lait le 3 mars 2020. « Il s’agit de notre second contrat-cadre, après celui que nous avons signé avec Savencia. »

« Gestion maîtrisée » des volumes

La gestion des volumes reste le cheval de bataille de l’OP transversale. « Nous nous sommes accordés sur le principe de pouvoir ajuster à la hausse ou à la baisse les volumes livrés par les adhérents de FMB en fonction de la conjoncture, de manière à préserver autant que possible le prix du lait, détaille Emmanuel Binois. Il s’agira d’une concertation entre l’OP et l’industriel. »

Par ailleurs, un « lissage technique » maximal de 2 % sera mis en application à la fin de la campagne en cours. « Concrètement, un éleveur ayant réalisé 102 % du volume de son contrat sera tenu d’en produire 98 % sur la campagne suivante, explique le président de FMB Grand Ouest. Il s’agit de donner de la souplesse en cas de dépassement. »

Quant à la cessibilité des contrats, « elle sera possible à 100 % dans le cadre d’une reprise à l’identique, sur les mêmes volumes produits et dans les mêmes conditions de collecte ». Dans le cas d’un agrandissement de structure, « 30 % seront prélevés par l’OP pour être réattribués, notamment aux jeunes installés. Cette mesure pourra toutefois évoluer en fonction du contexte », souligne Emmanuel Binois.

Une formule de prix à affiner

S’agissant du prix du lait, FMB annonce avoir obtenu une formule « avec prise en compte des coûts de production ». Mais pour l’heure, rien ne semble gravé dans le marbre. « Nous nous sommes basés sur le mix-produit de la laiterie, à savoir 50 % de produits de grande consommation destinés au marché intérieur, 20 % d’exportations intra-européens, et 30 % de beurre poudre. Pour la valorisation de ces deux derniers, les indicateurs interprofessionnels ont été retenus. »

Sur les 50 % de volumes destinés au marché intérieur, en revanche, les discussions doivent se poursuivre. « À ce stade, les coûts de production sont pris en compte à hauteur de 50 %. Nous souhaitons obtenir une part plus importante, et nous travaillons également sur le choix de l’indicateur le plus pertinent possible », affirme Emmanuel Binois.

V. Guyot