L’ensemble des achats de produits laitiers par les ménages a diminué entre 2020 et 2021, les confinements de 2020 ayant fortement augmenté la prise de repas à domicile et la cuisine maison. Par rapport à 2019, seuls les achats de lait et de produits bio reculent significativement, constate FranceAgriMer dans sa publication sur la consommation de produits laitiers en 2021, publié le 20 juillet 2022 (1).

Si la consommation des ménages en 2021 a été moins perturbée qu’en 2020, l’établissement rappelle que l’année « est restée marquée par plusieurs événements » : fermeture des restaurants au premier semestre, confinement et couvre-feu avec, plus généralement, un recours renforcé au télétravail.

Crème, beurre et fromages plus dynamiques qu’en 2019

Les quantités de beurre, de crème et de fromages achetées en 2021 ont respectivement reculé de 5,7 et de 4,3 et 3,8 % par rapport à 2020, mais sont restées supérieures à 2019 — de 3,2 % pour le beurre. Pour la crème, FranceAgriMer relève que cette famille de produits n’a pas perdu en nombre d’acheteurs, mais en fréquence d’achat.

Sur le segment de l’ultra-frais, le niveau d’achat recule de 3,9 % par rapport à 2020 et de 0,2 % par rapport à 2019. Toutes les catégories (yaourts, fromages frais et desserts frais) sont concernées.

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La tendance est plus marquée pour le lait : les volumes achetés en 2021 se sont repliés par rapport à 2020 (–6,8 %) et 2019 (–2,4 %). Laits de vache et de chèvre sont concernés, alors que celui de brebis a poursuivi son développement. Ces produits avaient fortement été sollicités par les acheteurs lors des confinements.

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Le bio délaissé

« En 2020, la croissance des produits laitiers avait été moins prononcée que les années précédentes et ce malgré le développement des achats pour la consommation à domicile engendré par les confinements. En 2021, ce phénomène s’est confirmé », constate FranceAgriMer. Ainsi en 2021, les volumes achetés se sont repliés pour toutes les catégories par rapport à 2020 et 2019.

« La baisse des volumes achetés correspond en partie à une baisse de la fréquence d’achat. […] Ces tendances sont générales à tous les produits [bio], mais dans le cas des produits laitiers, cette diminution […] n’est pas contrebalancée par une hausse des quantités par acte d’achat », analyse l’établissement.

Ce dernier identifie plusieurs facteurs à l’origine de ce changement de la consommation :

  • La concurrence des produits locaux et des autres labels : selon le panéliste Kantar que l’institut reprend, les consommateurs placeraient le local en premier.
  • Le rythme des innovations, qui soutenait la croissance et qui, aujourd’hui, ralentit contrairement aux produits concurrents. « Par exemple, sur le segment de l’ultra-frais, le végétal disposait en 2021 de plus de marques que les produits laitiers biologiques, d’après Kantar, ce qui n’était pas le cas sur la période de 2015 à 2020 », note FranceAgriMer.
  • Le prix.

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Raphaëlle Borget

(1) Bilan basé sur les données du panel consommateur de Kantar Worldpanel acheté par FranceAgriMer.