« On sait que les protéines animales sont gourmandes en termes de dioxyde de carbone » alors « on végétalise nos gammes », a Antoine Fiévet, le PDG du groupe Bel, en marge d’une conférence de presse ce 13 octobre 2020.

Un boursin végétal pour le marché américain

Un Boursin 100 % végétal à base de matières grasses issues de noix de coco et de colza sera vendu à la fin du mois aux États-Unis sur la plateforme Amazon Fresh, avant d’être étendu au reste des distributeurs américains, a ajouté Cécile Béliot, la directrice générale adjointe du groupe. La date de commercialisation n’est pas arrêtée pour la France.

Par ailleurs, « un projet de mini-Babybel végétal devrait voir le jour l’année prochaine aux États-Unis ». Bel prépare aussi « le lancement d’une nouvelle marque internationale spécifique 100 % végétale à venir dans les prochains mois ». Bel ne compte pas pour autant réduire sa collecte laitière : plus de 2 600 producteurs dans le monde, 2 milliards de litres par an.

Bel n’oublie pas sa Vache qui rit. « Dès janvier 2021, Bel lancera “The Laughing Cow Blends” aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Canada et en Allemagne, des pays où La Vache qui rit est majoritairement consommée par des adultes et où l’on observe un fort potentiel auprès des flexitariens. Trois références avec fromage, légumes et épices seront proposées. »

« Construire le meilleur des deux mondes »

Pour Antoine Fiévet, il ne s’agit pas d’opposer les produits laitiers à ceux d’origine végétale mais de « construire le meilleur des deux mondes » au moment où les consommateurs sont appelés à « réduire la part de l’animal au profit du végétal » pour des raisons nutritionnelles et de protection de la planète.

Le groupe, qui a généré 3,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2019, cherche à « rééquilibrer » son offre, avec « à terme » 50 % de produits laitiers et 50 % de produits d’origine végétale, a-t-il indiqué.

La répartition actuelle de ces activités n’a pas été communiquée par l’entreprise, qui se dit « seulement au début de (son) chemin sur le végétal ». « L’ambition du groupe est de proposer une offre végétale pour chacune de ses marques coeur », est-il résumé dans un communiqué.

Depuis sa fondation en 1865 dans le Jura, l’entreprise est devenue un acteur majeur de la transformation laitière, distribué dans plus de 120 pays. Le groupe s’est diversifié depuis l’acquisition en 2016 du spécialiste des compotes Mont Blanc Materne (MOM : marques Pom’Potes, GoGo squeeZ, Materne et Mont Blanc).

AFP