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La volaille de chair a « bien résisté » face à la crise

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Consommation - La volaille de chair a « bien résisté » face à la crise
En 2020, les achats de poulet pour la consommation à domicile ont tiré la consommation française de volaille de chair. © Cédric Faimali/GFA

Malgré l’épidémie de Covid-19, la consommation française de volailles de chair est restée stable l’an passé, soutenue par les achats de poulets en magasin. Le constat est plus amer pour les plus petites filières (canards, pintades, cailles, pigeons), touchées de plein fouet par la fermeture des restaurants. Avec l’envolée du prix de l’aliment et les effets de l’influenza aviaire sur le commerce, l’année 2021 s’annonce « à haut risque ».

« Malgré nos craintes, la consommation totale de volailles en France est restée stable à 1,88 million de tonnes en 2020, contre 1,90 million de tonnes en 2019. Cela fait de l’Hexagone le troisième pays consommateur de volailles en Europe », rapporte Anne Richard, directrice de l’interprofession de la volaille de chair (Anvol), lors d’une conférence de presse ce mardi 9 mars 2021.

> À lire aussi : Les trois « défis majeurs » de la volaille de chair en 2021 (28/01/2021)

Le poulet loin devant

Les achats des ménages pour leur consommation à domicile ont en partie compensé la fermeture de la restauration, en progressant de 9,3 % sur un an. Cette tendance a nettement profité au poulet (+12,3 % de volumes consommés à domicile) et à la dinde (+3,6 %). « Plus de sept volailles sur dix consommées en France sont des poulets », souligne Anne Richard.

En revanche, « si les achats des ménages ont augmenté de 4,2 % pour les canards, ils ont reculé de 17 % au global, en raison du fort impact de la fermeture de restaurants pour cette filière, précise l’Anvol. Les pintades ont également beaucoup souffert, avec –5,4 % en consommation à domicile et –11,5 % au total. »

> À lire aussi : La Chine va tirer le marché des volailles en 2021 (25/02/2021)

Recul des mises en place

Alors que les productions de poulets et de dindes sont restées stables l’an passé, celles de canards et de pintades ont respectivement reculé de 12,4 % et 12,8 %. « Dans ce contexte, les mises en place ont été largement réduites, commente Gilles Huttepain, vice-président de l’Anvol. Les éleveurs ont perdu 25 à 30 % de leur chiffre d’affaires. »

Pour aider les producteurs concernés, l’enveloppe de 3 millions d’euros promise par l’État en novembre dernier se fait attendre. « Les pouvoirs publics nous ont prévenus hier [lundi 8 mars] de sa mise en place effective, indique Anne Richard. Les dépôts de dossiers devraient commencer en avril, pour un versement sur le second semestre ».

Répercuter la flambée des matières premières

Au-delà de la crise sanitaire toujours en cours, les inquiétudes de la filière se portent sur l’envolée des cours des matières premières. « L’alimentation des volailles représente 60 à 65 % du coût de production d’une volaille, expose Gilles Huttepain. Plusieurs raisons expliquent cette flambée : la faiblesse du dollar, la demande chinoise, la faiblesse de la production et des phénomènes de spéculation. »

D’après le vice président de l’Anvol, une première hausse des prix a été obtenue auprès de la distribution au début de janvier, puis une seconde au début de mars. « Nous avons obtenu 6 %, alors que nous demandons 9 %. Les discussions sont amenées à se poursuivre en avril et en mai. » Pour Jean-Michel Schaeffer, président de l’Anvol, « la contractualisation, qui fait la spécificité de notre filière, doit permettre de répercuter jusqu’au distributeur la hausse des coûts de production. »

> À lire aussi : Négociations commerciales, les producteurs d’œufs en colère contre les distributeurs (25/02/2021)

Vincent Guyot
L’influenza aviaire perturbe les échanges commerciaux

La filière du foie gras n’est pas la seule à souffrir des conséquences de la présence du virus H5N8 de l’influenza aviaire hautement pathogène en France. « L’épizootie a également touché des élevages de volailles sous label rouge du Sud-Ouest, note Anne Richard. Mais elle impacte également le commerce de viande de volailles et de génétique aviaire vers les pays tiers ».

Repeuplement des élevages

Selon Bernard Tauzia, vice-président du Syndicat national des labels avicoles de France (Synalaf), « il est possible de remettre en place les animaux depuis jeudi dernier [4 mars dans le Sud-Ouest]. Nous attendons désormais le décret d’application ». « Pour l’heure, cette possibilité de repeupler concerne seulement les gallinacés, précise Jean-Michel Schaeffer. Ce n’est pas le cas des palmipèdes. »

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