On sait désormais ce qu’a coûté l’application, en l’état, de la loi sur l’alimentation (EGAlim) à la filière du foie gras : les ventes de présaison, c’est-à-dire les deux mois avant les deux semaines de fête de fin d’année, se sont repliées, selon des calculs communiqués le 29 janvier par le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog), de :

  • Près de 44 % en volume et de 30 % en valeur jusqu’au 13 octobre ;
  • De 32 % en volume et près de 25 % en valeur jusqu’à la mi-novembre.

Ces chiffres confirment un sentiment que le Cifog avait déjà exprimé le 15 janvier.

> À lire aussi : La filière du foie gras en danger (24/01/2020)

Les ventes de foie gras sont directement sous le joug de la loi sur l’alimentation en vigueur dans le sens où elle plafonne les promotions en grandes surfaces à 25 % des volumes alors que les promotions de fin d’année peuvent représenter « jusqu’à 75 % des volumes de foie gras vendus annuellement ». Durant cette courte période, la forte exposition du foie gras dans les rayons du fait des promotions est un moyen de déclencher l’achat et de dynamiser les ventes durant les fêtes.

Adapter la loi EGAlim est « nécessaire »

Les professionnels du foie gras estiment donc « absolument nécessaire » d’adapter la loi sur l’alimentation aux produits relevant d’une forte saisonnalité. Ils ne veulent plus que les promotions des foies gras, magrets et confits soient encore soumis au plafond de 25 % des volumes.

« Il lèse les produits qui ont besoin d’exposition promotionnelle », estiment-ils. En revanche, ils estiment que « les dispositions visant à plafonner les promotions à 34 % en valeur peuvent aider les consommateurs à prendre conscience de la réelle valeur des produits. »

Sous l’impulsion du sénateur Michel Raison, le Sénat a déposé le 18 décembre 2019 une proposition de loi visant à corriger les effets de bord de la loi sur l’alimentation, notamment en excluant les produits saisonniers de l’encadrement des promotions en volume.

> À lire aussi : Le Sénat propose trois mesures d’urgence (19/12/2019)

Un bon rebond à Noël

Pour le foie gras, l’année 2019 avait démarré sous de bons auspices avec des ventes en grandes surfaces en hausse de 1,3 % en volume et de 6 % en valeur jusqu’au 15 septembre. Ensuite, la période de présaison a été fortement affectée par l’encadrement des promotions. Puis le recul des ventes s’est ralenti durant la fin de l’année.

Du 11 novembre 2019 au 5 janvier 2020, les ventes se sont effondrées de 10,2 % en volume et 10 % en valeur. Mais elles ont ensuite rebondi à l’approche imminente des repas de Noël et du jour de l’an : +9 % en volume et +5 % en valeur pour la semaine de Noël et +31 % en volume et +21,7 % en valeur pour la semaine du nouvel an, par rapport à l’année précédente, selon les mesures de l’IRI, un spécialiste des données de grande consommation.

De son côté, le groupe Carrefour avait déjà signalé l’effet conjugué des grèves et de la loi sur l’alimentation sur les ventes de fin d’année et en particulier sur les produits festifs.

> À lire aussi : La grande distribution pénalisée par les grèves (24/01/2020)

Éric Young