« Les conditions météos de l’été ont favorisé la pousse de l’herbe. Pour autant, il ne faut pas avoir peur de faucher les regains hauts, entre 7 à 8 cm, pour favoriser la qualité du fourrage pour être sûr d’obtenir des repousses rapidement, insiste Didier Deleau, ingénieur fourrages chez Arvalis-Institut du végétal. Il est difficile aujourd’hui de présumer des températures de l’arrière-saison. La chaleur et le temps sec peuvent vite ralentir la croissance des plantes si leurs réserves sont trop faibles. »

18 mois maximum pour consommer les balles d’enrubannage

Depuis juillet, les fenêtres de beaux temps ne permettent pas toujours d’atteindre 85 à 90 % de matière sèche (MS) pour récolter du foin. « C’est pourquoi les chantiers d’enrubannage sont mis en place dès que le fourrage atteint 50 à 60 % de MS et que la pluie menace, ajoute-t-il. Ce stock sous plastique devra toutefois être consommé dans les 18 mois maximum qui viennent car cet emballage se dégrade sous l’action des ultraviolets. »

La production des regains cette année est exceptionnelle. Il n’est pas rare de récolter 2,5 à 3 tonnes de MS/ha, là où les rendements s’affichaient autour 1 à 1,5 tonne de MS/ha voire une totale absence de pousse les années précédentes. « La qualité n’est pas toujours au rendez-vous en revanche, en raison des conditions météo », observe Didier Deleau.

Un sevrage plus tardif des broutards

À la ferme expérimentale Arvalis de Saint-Hilaire-en-Woëvre (Meuse), la pousse de l’herbe favorise un sevrage plus tardif que d’habitude. « Nous comptons l’effectuer d’ici à la fin du mois d’août alors qu’au cours des dernières années, les mères étaient séparées de leur suite dès la mi-juillet, sachant que nous n’apportons pas d’aliment complémentaire aux veaux », ajoute l’expert.

Marie-France Malterre