Les abattages de volailles de chair progressent de 2,5 % en mai 2020, par rapport à la moyenne de 2015 à 2019, a relevé Agreste, le service de la statistique du ministère de l’Agriculture, dans sa note d’Infos rapides publiée le 3 juillet 2020. Cette tendance globale masque une disparité des évolutions selon les filières.

Alors que l’on constate un regain de dynamisme pour les filières du poulet et de la dinde, avec respectivement +2,8 et +1,7 % sur cette même période, à l’inverse les filières du canard et de la pintade poursuivent leur repli en mai, fortement touchées par la fermeture des restaurants due à la crise sanitaire du coronavirus.

Les abattages de volailles de chair de mai 2020 sont repartis à la hausse en mai 2020, faisant suite à une forte chute en avril. © Agreste

Les filières à faibles volumes plus impactées par le Covid-19

Les abattages de poulets de chair et de dindes augmentent en mai 2020 par rapport à mai 2019, avec respectivement +1 et +6 %. Les abattages de canards à rôtir et de pintades sont en repli sur cette même période : –15,7 et –10,8 %, confirmant la tendance déjà engagée depuis le début de l’année. Il en est de même pour les canards à gaver avec –8 % sur un an.

La mise en place des canetons et pintadeaux dans les élevages continue de chuter depuis mars : –34 % sur un an pour les canetons, en avril 2020 ; –29 % pour les pintadeaux sur cette même période.

Les abattages de canards de mai 2020 sont en repli sur un an. © Agreste

Selon l’interprofession Anvol, « l’arrêt de la restauration, faisant suite à la crise du Covid-19 a davantage touché les filières plus modestes en volume (canard, pintade, caille et pigeon) que les filières du poulet et de la dinde car elles bénéficient peu d’un report de leur consommation à domicile ».

Les échanges de volailles ralentissent

En avril 2020, toutes les espèces sont touchées par le ralentissement des échanges internationaux. Les exportations diminuent de 21 % sur un an, les importations de 23 %. La crise du Covid-19 en est à l’origine.

Selon Agreste, « les exportations de viandes de poulet reculent fortement [sur un an] vers les partenaires européens habituels » avec –70 % vers le Royaume-Uni et –40 % vers l’Union européenne. La baisse des exportations enregistrée vers le Moyen-Orient est plus faible (–10 %). Les ventes vers Hong Kong ont, quant à elles, triplé, et les importations sont en repli de 20 % sur un an.

Les ventes de viandes de dinde à l’exportation diminuent de 13 % en avril 2020 sur un an. Celles de canard poursuivent leur chute : –42 % sur cette même période, après une baisse de 44,5 % le mois précédent. Les achats de viandes de dinde et de canard sont en repli, avec respectivement –39 et –47 % sur un an.

R. B.