« Environ 70 % de la viande de poule produite en France serait exportée vers l’Afrique subsaharienne, indique FranceAgriMer dans une étude publiée le 20 avril. Or ces débouchés sont volatils et concurrentiels. » Se mettre en quête de nouveaux marchés présente donc un intérêt majeur, pour valoriser les plus de 60 millions de poules pondeuses et reproductrices réformées chaque année dans l’Hexagone.

« En 2018-2019, les cotations indiquées par Les Marchés étaient de 0,07 €/kg vif pour une poule pondeuse et 0,20 €/kg vif pour une poule reproductrice de réforme contre un prix de reprise de 0,85-0,90 €/kg vif pour un poulet standard », précise l’étude. Le faible rendement matière et l’aspect « plus sombre et plus ferme » de la viande caractérisent ce « coproduit. »

Une valorisation « durable et de proximité »

« L’enjeu majeur pour le secteur de la transformation de la viande de poule français est donc de s’extraire de la dépendance à des marchés d’exportation volatiles pour pérenniser les outils, notamment spécialisés, et assurer une valorisation durable et de proximité pour les éleveurs de poules pondeuses », estime les auteurs de l’étude.

Différentes pistes de travail ressortent des enquêtes menées auprès d’industriels agroalimentaires locaux, utilisateurs potentiels de viande de poule. Le plus souvent, les opérateurs connaissent peu cette matière première et s’inquiètent de la présence de traces de coquilles d’œufs (allergène) dans la viande et de bactéries dans la peau.

Le prix, le premier atout de la viande de poule

Malgré tout, le prix abordable de la viande de poule présente un intérêt majeur pour l’ensemble des débouchés enquêtés. Dans le secteur de la charcuterie, la pression actuelle sur le prix du porc déroule le tapis rouge pour la volaille. Pour les plats préparés ou la restauration collective, la disponibilité de viande de poule bio, plus accessible que le poulet bio, est un atout certain.

Mais pour conclure des partenariats durables, la filière de la viande de poule devra informer et rassurer l’aval sur la variabilité actuelle des disponibilités et de la qualité des lots dans le temps. Cet aspect préoccupe tout particulièrement la restauration collective et le secteur de l’alimentation des animaux de compagnie (petfood).

Dernier aspect mis en avant par FranceAgriMer, l’image de la viande de poule qui devrait être travaillée afin de servir l’intérêt croissant des transformateurs pour le bien-être animal (fin de l’élevage en cage), la durabilité des systèmes et les signes officiels de qualité, à défaut d’accorder une place de premier ordre à l’origine France.

Alexandra Courty