L’effondrement des marchés qui impacte directement ses clients, met l’ULM (Union laitière de la Meuse) dans une situation très inconfortable en ces temps de crise à cause de l’épidémie de coronavirus. Elle l’est d’autant plus que le mois de mars s’est terminé avec une collecte de 36 millions de litres de lait (Ml), en hausse de plus de 6 % par rapport aux volumes précisés par les adhérents dans l’outil déclaratif mis en œuvre depuis plusieurs années.

Un pic de collecte avec beaucoup trop de lait

Le danger est donc grand pour la coopérative de collecte de se retrouver au pic de collecte printanier avec beaucoup trop de lait en excédent à placer sur le marché Spot. Avec une conséquence majeure : une baisse du prix de base qui n’était pas déjà très haut en ce début d’année (315 €/1 000 l en janvier-février, 320 en mars, lait à 38/32 prime de froid comprise).

Les tendances observées par l’observatoire du lait Spot de l’Éleveur laitier montrent en effet que la cotation du lait Spot se dirige tout droit vers des prix de dégagement : 150 €/1 000 l départ quai usine.

Retrouvez la cotation du lait Spot sur Les Pros du lait

Litrage excédentaire payé 1 €/1 000 l

Dans ce contexte, la coopérative de collecte a décidé à l’unanimité de son conseil d’administration une baisse collective des volumes de 5 % sur avril et mai. Un effort supplémentaire sera demandé aux exploitations dépassant leurs déclarations de mars 2020 de plus de 10 et 20 %. Une baisse totale de production de 7,5 % pour les premiers, de 12,5 % pour les seconds.

Cette baisse sera évaluée par rapport à la production de mars 2020 (et proportionnelle au nombre de jours de livraison 30 j en avril, 31 j en mai comme mars). Avec un prix annoncé de seulement 1 €/1 000 l payé pour les litrages excédentaires, les livreurs n’auront guère d’autre choix que de se plier à cette baisse demandée.

Jean-Michel Vocoret - L’éleveur laitier