« Au-delà des discours d’apparat de certains distributeurs, la profession tient à confirmer qu’il n’y a ni traitement favorable des PME dans les négociations commerciales, ni valorisation de l’origine France, et donc des productions agricoles françaises, dans les stratégies d’achat », souligne la Fict.

Un appel aux distributeurs

Autrement dit, les charcutiers seraient les dindons de la farce des États-généraux de l’alimentation. Ils demandent « aux acheteurs de la distribution et à leurs dirigeants d’appliquer les conclusions » de cette grande messe « pour une création et une répartition de la valeur équitables ».

« En attendant la promulgation des nouveaux textes législatifs et règlementaires […], les entreprises […] souhaitent que la réglementation existante soit rigoureusement appliquée et que la pression de contrôle des administrations responsables s’exerce avec la plus grande rigueur. », demande Bernard Vallat, le président de la Fict.

Des comptes à peine équilibrés

La Fict s’adresse aussi au gouvernement, le priant de « renforcer l’efficacité de la clause de renégociation de prix prévue dans le projet de loi, afin d’intégrer le principe d’obligation de résultat à travers la possibilité d’un arbitrage sans recours qui ne figure pas dans le texte alors que ce mécanisme était envisagé initialement. »

La fédération rappelle que son « secteur équilibre à peine ses résultats nets, alors que 5 % d’excédent lui serait nécessaire pour se développer en modernisant ses outils de production pour affronter la concurrence internationale et satisfaire les nouvelles demandes sociétales ».

Des entreprises dans le rouge

La Fict prévoit une baisse du résultat net des entreprises pour l’année 2017, « compte tenu de l’augmentation du coût des matières premières, qui ne pourra être répercuté aux clients. En 2017 et au début de 2018, la Banque de France recense 25 entreprises en situation de défaillance, soit 1 sur 10. »

« Cette situation est d’autant plus incompréhensible qu’en grande surface, le rayon de la charcuterie est le plus rémunérateur des rayons alimentaires, affirme la Fict. Il dégage à lui seul une marge nette de 8,9 % du chiffre d’affaires des GMS, soit près de 500 millions d’euros. »

(1) Fédération française des industriels charcutiers, traiteurs, transformateurs de viandes.