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Un lait 100 % ardennais et rémunérateur

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Edouard Morlet (à g.) et Samuel Caillet (au centre) vont bientôt rejoindre la SAS Mon lait ardennais, créée par Fabien Warzée (à d.). Ici, devant une affiche au message choc. © Ch. Urvoy

Des éleveurs laitiers ont créé une SAS (1), afin de mettre en avant leur savoir-faire local en contrepartie d’une juste rémunération.

Les consommateurs ardennais peuvent désormais acheter un lait 100 % local chez Cora, Carrefour, Leclerc et Intermarché. « C’était une demande de la GMS », raconte Fabien Warzée, éleveur à Artaise-le-Vivier (Ardennes) et président de la SAS. « Pour créer ce produit, nous voulions cerner les besoins et impliquer ceux qui allaient le vendre, explique Fabien, qui a travaillé dix ans dans le secteur de la grande distribution. Pour cela, nous avons réuni les directeurs des GMS. »

Deux laiteries s’engagent

Afin d’assurer la traçabilité, les cinq grands collecteurs du département ont été contactés. Seuls l’ULM et Laitnaa se sont engagés. Pour les éleveurs, l’objectif était double : mettre en avant la production locale et obtenir une meilleure rémunération. « Nous nous sommes mis d’accord sur un prix de vente, entre 0,95 et 0,99 €/l, poursuit Fabien. Il permet une bonne valorisation du lait, avec une marge raisonnable pour la GMS et les laiteries. »

Pour que chaque éleveur laitier ardennais puisse prendre part au projet, quelle que soit sa laiterie, la SAS Mon lait ardennais a été créée cet été. « Tout producteur peut devenir actionnaire au prorata de sa production de lait », ajoute l’agriculteur. La SAS achète le lait aux deux laiteries pour le revendre aux GMS.

Si le prix du lait payé par les laiteries aux producteurs est bas, la SAS l’achètera à un prix bas, mais le revendra toujours au même prix à la GMS. Sa marge sera donc confortable et elle pourra reverser plus de bénéfices aux éleveurs actionnaires, et inversement. Ce retour s’ajoutera au prix payé par la laiterie. « En lissant le prix final perçu par les éleveurs impliqués, la SAS a un effet tampon », souligne Fabien Warzée.

Communication décalée

Côté valorisation, la brique de lait délivre plusieurs messages, notamment les garanties apportées : 100 % ardennais, respect des bonnes pratiques, juste rémunération du producteur. Les éleveurs ont également frappé fort en réalisant cet été une affiche sexy, en plein champ, avec un message choc : « Pour que “à poil et sur la paille” ne soit qu’une image… Faites comme eux, choisissez Mon lait ardennais. »

Nombre d’éleveurs, surtout des jeunes, sont intéressés par ce projet. « C’est un produit purement ardennais, c’est donc une fierté », souligne Édouard Morlet, agriculteur à Dommery, qui va entrer dans la SAS. Tout comme Samuel Caillet, de Bulson : « Ma première motivation est de valoriser le produit et le métier d’éleveur auprès des consommateurs. La seconde est d’intégrer un projet qui fédère tous les maillons de la filière, ce qui est rare. »

Chantal Urvoy

(1) Société par actions simplifiées.

150 000 litres écoulés

En un mois, 150 000 l ont été vendus dans une quinzaine de magasins. « Le département produit 260 Ml de lait. L’objectif est d’en valoriser trois à cinq millions, avec beurre et fromage », précise Fabien Warzée.

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Cet article est paru dans La France Agricole

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