Socle des deux contrats, le lait doit provenir du bassin Centre, et les éleveurs respecter quelques pratiques, comme faire pâturer les vaches. La prime de 5 €/1 000 l, versée sur les volumes collectés pour approvisionner Auchan et Lidl dans des fermes sélectionnées, est mutualisée auprès de tous les éleveurs membres de l’OP.

Sécuriser son débouché

Pour LSDH, à l’origine de la démarche, il s’agit de sécuriser son débouché, alors que sa collecte est en pleine zone de déprise. Pour l’APLBC, « l’objectif est de maintenir une stabilité des prix, explique Éric Gaudron, son vice-président. L’un des points clés sur lequel s’est construite l’OP est de ne pas descendre en dessous de 300 €/1 000 1, grâce à un lissage. Par ailleurs, le coût de l’aliment concentré est intégré dans le calcul du prix. Il est acté que ce coût doit rester inférieur à 30 % du prix du lait. »

L’OP, agréée en 2012, est une OP transversale qui regroupe 380 producteurs (250 millions de litres) livrant chez trois industriels du bassin Centre : LSDH, Triballat Rians et Orval. Elle s’étend sur 13 départements du bassin Centre, jusque dans le Maine-et-Loire. Les livreurs de Lactalis et Bel (qui collectent dans la zone) n’en font en revanche pas partie.

Une garantie de durée et de volume

L’organisation repose sur un bon relationnel avec les industriels. Le volontarisme d’Emmanuel Vasseneix, patron de LSDH, pour sécuriser les approvisionnements en lait dans la région et maintenir des élevages, y contribue également. D’autres OP, verticales ou horizontales, sont venues se renseigner.

« Ce type de contrat tripartite est dans la ligne de celui signé il y a un certain nombre d’années entre Biolait, LSDH et l’OP, détaille Philippe Leseure de LDSH. Pour nous, il est une garantie de volume et de durée, puisque 20 millions de litres ont été contractualisés sur trois ans avec Lidl. Il donne de la visibilité pour le fonctionnement de l’outil industriel et l’approvisionnement en lait. Le premier contrat avec Biolait continue à bien se passer. Il donne confiance aux distributeurs, aux producteurs. Néanmoins, son usage est limité. Les industriels ne sont pas nombreux à aller vers ce genre de schéma, qui exige une certaine transparence car on met des chiffres sur la table. »

Pour Lidl, « un contact direct avec les éleveurs »

Pour Lidl, cet accord tripartite permet « un contact direct avec les éleveurs, une façon de prouver qu’on veut travailler main dans la main avec eux », explique-t-on chez le distributeur. « Nous avons fait cette démarche dans un esprit collaboratif, pour soutenir le monde agricole, et répondre à une demande croissante des consommateurs, qui veulent des produits français, locaux. Il s’agit pour eux d’un acte d’achat citoyen. » Un contrat tripartite est aussi une « opération transparence ».

« Il s’agit d’engagements clairs, précis, souligne Lidl. Avec ce contrat, l’éleveur sait combien il touche, et il connaît à peu près le prix d’achat des produits laitiers. » Et une façon de répondre aux producteurs quand ces derniers s’interrogent sur le devenir des hausses concédées aux transformateurs par les distributeurs, selon les dires de ces derniers, mais qui n’arrivent pas toujours jusqu’aux paies de lait.

Ce sont 120 magasins Lidl de la région Centre qui seront approvisionnés avec ce lait local. Une initiative que le distributeur entend développer dans d’autres régions pour le lait, et qu’il a déjà mises en place pour le porc.

E.C.