« Le groupe peut compter sur l’engagement du ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance pour assurer la pérennité des activités et de l’emploi. » Voilà comment Bercy a répondu ce 21 octobre 2020 dans un communiqué de presse à la menace de la Cooperl de fermer des usines si l’amende infligée par l’Autorité de la concurrence lui était réclamée dans l’affaire du « cartel du jambon ».

Une amende de 35,5 millions d’euros

Si l’amende, contestée par le leader français de la filière porcine, est confirmée, « les services compétents […] en engageront l’exécution, dans des conditions de délai compatibles avec la capacité de remboursement du groupe Cooperl Arc Atlantique afin que l’amende ne représente pas un risque pour l’activité du groupe et l’emploi de ses salariés », indique Bercy dans son communiqué.

Mardi, le 20 octobre 2020, la Cooperl a menacé de fermer des usines si elle n’obtenait pas de sursis pour régler cette amende de 35,5 millions d’euros, estimant que le groupe « joue sa survie ». À la mi-juillet, l’Autorité de la concurrence avait infligé à douze industriels du jambon et de la charcuterie 93 millions d’euros de pénalités au total, pour des ententes sur les prix ayant eu lieu entre 2010 et 2013.

Appel en vue

La plus forte amende incombe à la Cooperl, qui a fait appel. Son recours n’étant pas suspensif, la coopérative s’attend à ce que l’Autorité exige prochainement son versement, au risque, dit-elle, de lui faire perdre la confiance des assureurs crédit et de générer une « crise de cash ». Elle a affiché son intention de saisir la cour d’appel de Paris pour demander un « sursis à exécuter » au motif que cette décision entraîne des « conséquences excessives ».

La Cooperl « est un groupe français d’importance pour la filière porcine et le territoire breton », a encore estimé le ministère de l’Économie, ajoutant que « les services de l’État sont particulièrement vigilants à sa situation financière et mobilisés depuis cet été pour que l’ensemble des partenaires financiers du groupe maintiennent leurs engagements ».

Les usines concernées par une éventuelle fermeture font partie des douze rachetées dans le cadre de la reprise de Brocéliande à la fin de 2009 et des actifs de la holding Financière Turenne Lafayette en 2017, propriétaire notamment des marques Paul Prédault, Madrange et Montagne noire.

Éric Roussel, avec l’AFP