« Je veux que l’on puisse avoir sur les étiquettes une marque distinctive qui permette pour les consommateurs de différencier un camembert au lait cru moulé à la louche, un camembert de Normandie au lait cru moulé à la louche, ou un camembert avec du lait thermisé », a affirmé Stéphane Travert lors de l’émission « Questions politiques » sur France Inter le 20 mai 2018.

En réponse à des chefs étoilés

Ces déclarations interviennent après la publication mardi d’une tribune dans Libération signée par des chefs étoilés, pour dénoncer l’accord conclu entre les fabricants du camembert qui risque de « devenir une vulgaire pâte molle sans goût ». Le texte fustige comme « une victoire pour l’industrie agroalimentaire, un risque fatal pour les fermiers et les consommateurs » l’accord.

Trouvé le 21 février dernier par les acteurs de la filière, cet accord met un terme à dix ans de bataille autour de l’étiquette entre les fabricants. D’ici à 2021, il n’y aura plus qu’un seul et unique camembert de Normandie AOP (appellation d’origine protégée), qui pourra désormais être élaboré au lait pasteurisé.

« Dans cinq ans à peine, le “véritable camembert de Normandie” sera un produit de luxe, réservé aux initiés, tandis que la masse des consommateurs devra se contenter d’un ersatz fabriqué selon les méthodes industrielles », selon les signataires qui en appelaient à Stéphane Travert et au président Emmanuel Macron.

AFP