Alors qu’habituellement les cours des broutards baissent à cette saison, cette année, ils se maintiennent. Tel est le constat de Germain Milet, du service de l’économie des filières à l’Institut de l’élevage. La tendance est d’autant plus vraie en charolais de 450 kg, pour qui les tarifs ont grimpé entre juin et août, ainsi qu’en femelles, charolaises et limousines.

Moins de naissances en charolais

« En charolais, la tendance s’explique par un net ralentissement des naissances, explique Germain Milet, avant de rappeler que les vêlages des vaches allaitantes étaient en croissance en 2016, et plus encore en 2015. Aujourd’hui, il y a un phénomène de décapitalisation dans toutes les races, particulièrement marqué en charolais. »

Si le marché a si bonne mine, c’est aussi parce que l’Italie et l’Espagne sont très demandeuses. Les grandes surfaces de la Botte cherchent des carcasses toujours plus légères, donc des animaux plus jeunes, rendant les rotations plus rapides dans les ateliers d’engraissement. La concurrence est aussi moins coriace, l’Irlande et l’Europe de l’Est se concentrant sur le marché turc, où nous n’avons pas notre place pour l’instant. Quant à l’Espagne, ses exportations d’animaux finis et de viande sont fortes. D’où des besoins importants en animaux légers, principalement des mâles de 160 à 300 kg.

« Les exportations devraient rester toniques »

L’Institut de l’élevage s’attend, dans les prochaines semaines, à un maintien des prix. « Mais la baisse saisonnière paraît inévitable, car les disponibilités devraient s’étoffer dès lors que la météo sera moins clémente, note Germain Milet. Les marchés italiens et espagnols devraient rester positifs, avec une demande toujours en hausse, et un bon maintien des cotations d’ici à la fin de l’année. »

Il reste à savoir ce qu’il en sera des pays tiers. Le marché algérien va s’ouvrir, après plusieurs mois de fermeture à cause de la fièvre aphteuse. Les marchés libanais et libyen devraient demander des animaux, même si la concurrence est forte. Le marché turc, qui semblait volontaire cet été pour lever ses barrières, reste une grosse inconnue.

Hélène ChaligneJournaliste web