« Aujourd’hui, 40 postes-équivalent temps plein [de vétérinaires, NDLR] sont mis au budget pour 2019, est-ce que cela est suffisant ? Je ne le pense pas », a déclaré le ministre devant la commission spéciale Brexit de l’Assemblée nationale, le 3 décembre 2018.

Pas d’infrastructure spécifique

« À ce jour, il n’existe pas d’infrastructure dédiée au service d’inspection vétérinaire et phytosanitaire sur les sites de Calais, Dieppe, Caen Ouistreham, Cherbourg, Saint-Malo ou Roscoff », a répertorié Didier Guillaume.

« Et les points d’entrée de Dunkerque, Le Havre et Brest devront faire évoluer les infrastructures de contrôle existantes », poursuit-il. Ses services sont en train de mener une « enquête interne » pour « préparer » un scénario de Brexit sans accord dans ces points d’entrée.

Une enquête interne en cours

Mais selon lui, cette enquête a seulement permis pour l’instant de « dimensionner » les infrastructures temporaires qui seront mises en place d’ici au 30 mars. À plus long terme, pour quantifier les besoins des neuf sites, le ministre est resté évasif.

Nous n’avons pas la certitude de combien il en faudrait, et je n’ai aucun arbitrage pour vous dire combien il en faudraitDidier Guillaume face aux députés de la commission spéciale sur le Brexit de l’Assemblée nationale, le 3 décembre 2018

Sur le volume d’entrée de camions de marchandises en France venant du Royaume-Uni, le ministre a indiqué que « dans les Hauts-de-France, c’est 3 millions de camions, et en tout c’est 3,5 millions de camions », dont 100 000 devront être contrôlés.

« Le temps de contrôle, c’est 15 à 45 minutes par lot, car ils contrôlent les camions trois par trois », a-t-il détaillé, en précisant qu’un travail était en cours avec les trois régions concernées ainsi qu’avec les gestionnaires des ports et du tunnel sous la Manche pour préparer le terrain.

Le travail se focalisera sur les Hauts-de-France

« 80 % des marchandises d’origine animale ou végétale expédiées du Royaume-Uni passent aujourd’hui par la liaison du détroit de Dunkerque ou Calais, a rapporté Didier Guillaume. C’est là que va se focaliser le travail. »

« Jusqu’à aujourd’hui, les marchandises étaient échangées librement entre nos deux pays, donc aucun personnel dédié à ces contrôles du ministère n’était positionné sur ces points-là », a expliqué Didier Guillaume.

Devant l’inquiétude des députés, notamment celui de Calais, le ministre a évoqué la possibilité de « contrôles à distance sur les produits de pêche » et le recrutement « de vétérinaires non français ».

AFP