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Leur yaourt a la saveur du collectif

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Diversification - Leur yaourt a la saveur du collectif
Nelly Aubry, Stéphane Choquet, Gwénaël Hamelin et Éric Lainé (de droite à gauche) font partie d’un collectif d’éleveurs qui lancent leur propre marque de produits laitiers en Bretagne. © I. Lejas

Trente-cinq éleveurs bretons ont lancé leur marque de yaourts pour mieux valoriser une partie de leur lait et retisser du lien avec le consommateur.

Trente-cinq éleveurs d’Ille-et-Vilaine ont fait le pari de collecter, transformer et valoriser par eux-mêmes une partie de leur lait. Leur marque, « Ribines », signifie les petits chemins de terre en breton. Tout un symbole. « C’est le chemin le plus court pour nous rapprocher du consommateur et reprendre la valeur ajoutée qui nous échappe », lance Stéphane Choquet, producteur de lait à Coësmes.

Après une nouvelle baisse des prix

L’aventure a démarré en 2017 avec un collectif de huit éleveurs. « Après une énième baisse de prix du lait, nous avons décidé de reprendre les choses en mains pour ne plus dépendre d’un seul acheteur, mieux valoriser notre production, et retrouver du sens dans notre métier », raconte Nelly Au­bry, éleveuse à Saint-Armel, présidente du collectif Moda­la (1).

Les fermes ont des mé­thodes de travail et des tailles différentes, mais les exploitants se retrouvent autour de valeurs communes et d’une de­vise : « Agir ensemble, fiers et libres pour nous et les générations à venir. »

Un partenariat avec le lycée agricole

Pour se lancer, le choix s’est porté sur une gamme de yaourts plutôt que du lait de consommation, un marché très concurrentiel. Ils n’ont pas les moyens économiques, humains, ni même l’envie d’investir chacun dans une unité de transformation. Le but est de construire une fruitière, une structure pour mettre en commun les fruits de leur travail. Pour l’instant, les yaourts sont élaborés dans le laboratoire du lycée agricole Saint-Exupéry à Rennes, et deux salariés ont été embauchés.

Bon accueil des distributeurs

« Notre objectif est de transformer 15 à 20 % de notre production en développant d’autres débouchés », indiquent les éleveurs. Six fermes sont collectées depuis cet été.

Les produits sont vendus dans une vingtaine de grandes surfaces du département, une douzaine de commerces de proximité et sept fermes relais. « Nous avons reçu un bon accueil des grandes et moyennes surfaces qui recherchent des produits locaux. Mais il faut faire nos preuves et nous faire connaître. Les retours très positifs des consommateurs dans les fermes et lors des animations en magasins sont une première victoire et une reconnaissance. Quand on explique notre métier, le consommateur est réceptif », conclut Nelly Aubry.

Isabelle Lejas

(1) La mouche dans le lait.

Un achat militant

Les yaourts et crèmes desserts sont fabriqués avec du lait entier non écrémé, non homogénéisé. Pour Stéphane Choquet, « en achetant des Ribines, le client achète bien plus qu’un pack de yaourts. Il nous accompagne dans la transformation de nos exploitations. »

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Cet article est paru dans La France Agricole

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