Fermé en juillet 2018, rouvert en décembre pour quatre semaines seulement, le marché algérien est de nouveau accessible aux bovins français.

« La réouverture est officiellement justifiée par le fait que l’Algérie possède enfin suffisamment de doses pour vacciner les animaux importés de France contre la fièvre aphteuse, explique Benoît Albinet, le directeur commercial de Deltagro Export. Mais, que ce soit pour des raisons sanitaires ou politiques, le marché peut subitement se refermer, demain ou dans 6 mois. »

Un potentiel de 30 000 broutards

« L’Algérie importe trois catégories de bovins : des génisses laitières, des broutards et des animaux finis, rappelle l’exportateur. Cette dernière catégorie étant essentiellement fournie par l’Espagne, plus compétitive. »

Malgré les incertitudes concernant sa pérennité, « le marché algérien représente un potentiel d’environ 30 000 broutards par an, particulièrement intéressant pour dégager les animaux lourds au printemps ».

La FCO pénalise surtout les charolais

Les bovins exportés vers l’Algérie doivent être vaccinés contre les sérotypes 4 et 8 de la FCO mais également ressortir négatifs au test PCR. Et c’est là que le bât blesse. « Nous n’avons pas tellement de difficultés à trouver des animaux vaccinés. En revanche, dans le Centre et le Centre-Est, jusqu’à 50 % des charolais d’un lot peuvent ressortir positifs, témoigne Benoît Albinet. Nous rencontrons beaucoup moins ce problème dans le sud du Massif central. »

Résultat, « la grande majorité des charolais devrait rester cantonnée à l’Italie. La réouverture du marché algérien aidera à tenir les prix des aubracs, une race particulièrement appréciée en Algérie. En revanche, sans exclure quelques envois, l’effet ne sera pas aussi important pour les animaux de race charolaise. »

Valérie Scarlakens