« Les troubles respiratoires représentent 75 à 80 % des problèmes de santé en atelier d’engraissement de jeunes bovins, rappelle Élise Vanbergue, chef de projet en charge de la santé et du bien-être au sein de l’Institut de l’élevage (Idele). Face aux enjeux de santé publique et de préservation de l’arsenal thérapeutique, la préparation sanitaire des broutards à la vente est une réponse pour améliorer la santé respiratoire des animaux à l’engraissement tout en réduisant l’utilisation des antibiotiques. »

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Pour autant, l’absence de contractualisation et la faible rentabilité du naissage peuvent constituer un frein au développement de ces pratiques d’élevage. Pour Matthieu Repplinger, animateur à la section bovine d’Interbev, la mise en place d’un tel chantier de vaccination peut être « une carte à jouer pour mettre en valeur la qualité du broutard français vis-à-vis des clients à l’exportation. » Pour faciliter la démarche, un cahier des charges interprofessionnel a été construit, définissant un socle commun volontaire.

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Sécuriser le naisseur

Comme principe de base, Matthieu Repplinger insiste sur la « sécurisation économique pour le naisseur, sans quoi il sera compliqué de motiver les éleveurs à s’engager dans la démarche ».

C’est pourquoi le cahier des charges impose que le coût de préparation des animaux commandés par le porteur de démarche [celui chargé de la commercialisation des broutards préparés en France ou à l’exportation] soit répercuté au premier acheteur sur une ligne de facturation spécifique. « Le coût supplémentaire facturé sera le fruit de la libre négociation entre les différentes parties prenantes, précise Matthieu Repplinger. Cependant, des indicateurs seront mis à disposition pour permettre de mieux se situer. »

Chez Terrena, la vaccination anticipée des broutards chez le naisseur est en place depuis dix ans sous le nom de « Broutard Max ». « La création du cahier des charges interprofessionnel a donné un second souffle à notre démarche. Il apporte un cadre technique et de rémunération qui nous rassure », témoigne Marie-Anne Lefol, vétérinaire à la coopérative. Ter’élevage, qui a lancé une version 2.0. Broutard Max en septembre 2020, fixe actuellement le versement d’une plus-value de 25 € par broutard préparé. « Au sein du réseau, 76,8 % des éleveurs vaccinent déjà tous leurs animaux à la vente », reprend la spécialiste.

Un intérêt « clairement exprimé » pour les broutards préparés

Pour Marie-Anne Lefol, il faut « décloisonner la filière et ses acteurs autour d’enjeux communs, tels que le concept One Health ». « Les acheteurs français, qui ont été associés à la rédaction du cahier des charges interprofessionnel, ont exprimé un intérêt clair pour ce type d’animaux, tout comme les engraisseurs italiens », assure Matthieu Repplinger.

Pour accompagner les naisseurs dans la mise en place de la préparation sanitaire et sensibiliser les engraisseurs aux bonnes pratiques pour optimiser la valorisation des broutards préparés, des fiches techniques sont en cours d’élaboration. « Au même titre que le cahier des charges interprofessionnel, les fiches d’accompagnement seront rendues publiques à partir du 1er janvier 2021 », annonce Matthieu Repplinger.

Exemple de maquette pour l’accompagnement des éleveurs naisseurs vers la préparation sanitaire des broutards. © Interbev et Idele

Lucie Pouchard
Votre analyse du marché - Bovins maigres

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À l’approche de conditions climatiques moins favorables, les sorties de broutards tendent à progresser dans la Région Centre. L’animation commerciale reste néanmoins assez soutenue, portée par une forte demande des engraisseurs italiens.