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Un cahier des charges « broutard préparé » sur les rails

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Bovins maigres - Un cahier des charges « broutard préparé » sur les rails
© P. Crapon/GFA

À l’occasion du Sommet de l’élevage de 2019, la section bovine d’Interbev a présenté ses nouveaux objectifs pour la filière des broutards destinés à l’exportation.

« Encourager les éleveurs naisseurs à la vaccination de leurs broutards contre certaines maladies respiratoires », tel est l’objectif que s’est fixé Interbev, l’interprofession bovine, dans le cadre de son plan de filière. Ce dispositif garantit ainsi une réduction du recours aux antibiotiques et une amélioration des performances dans les ateliers d’engraissement.

Quelles actions interprofessionnelles ?

Pour répondre aux enjeux à la fois économiques et sociétaux, Interbev prévoit une double action à destination des opérateurs : un cahier des charges interprofessionnel « broutard préparé » et des fiches de bonnes pratiques destinées aux naisseurs et aux engraisseurs pour accompagner la démarche.

Selon Guy Hermouet, président d’Interbev Bovins, « avec ce cahier des charges, notre volonté est d’inciter les naisseurs à vacciner leurs animaux et de convaincre les engraisseurs d’en payer le juste prix ». Le document sera finalisé et mis à disposition au début de 2020. Trois principes ont d’ores et déjà été définis collectivement :

  • Un broutard préparé est valablement vacciné contre les 3 principaux agents infectieux respiratoires rencontrés en engraissement (VRSB, Pi3, Mannheimia haemolytica) ;
  • L’acte de vaccination peut être réalisé par l’éleveur et l’élevage naisseur doit justifier sa bonne réalisation auprès de son acheteur ;
  • Une couverture vaccinale depuis la sortie de l’élevage et durant au moins 4 semaines.

Organiser la commercialisation

Interbev sollicite un « porteur de démarche » chargé d’organiser la commercialisation de la filière en France et à l’exportation. Une fois labellisé, ce dernier devra vérifier le bon respect du cahier des charges par des contrôles réguliers en interne (naisseurs) et en externe (exportation) et formaliser la commande de broutards préparés auprès du naisseur par un bon de commande.

Dans cette logique, un changement des codes de la commercialisation est à prévoir. « On passera d’un principe de cueillette à une organisation de mise sur le marché structurée éleveur-négociant-client », appuie Annick Jentzer, animatrice d’Interbev bovins.

« Nous ne sommes pas prêts à payer plus »

« Les broutards inclus dans ce cahier des charges auront un coût supplémentaire, à répercuter au premier acheteur », souligne Annick Jentzer. Dans ce cadre, un accord interprofessionnel définira les postes de charges qui doivent être couverts par le « coût de préparation ». Aucun montant n’est à ce jour avancé mais des négociations sont à prévoir, notamment avec les acteurs italiens.

Ces derniers affirment vouloir une traçabilité renforcée mais ne semblent pas prêts pour autant à engager des frais supplémentaires. « Nous avons besoin de connaître toute la conduite sanitaire dès la naissance du veau surtout dans le cas de maladies récurrentes survenues à l’engraissement et nous voulons des résultats économiques », réagit un représentant d’une coopérative de la région du Piémont. Un autre acheteur italien ajoute : « Nous ne sommes pas prêts pour l’instant à payer de coûts de service supplémentaires », cette dernière phrase attisant le mécontentement des éleveurs français présents dans la salle.

Lucie Pouchard
Une demande de bovins vifs « au plus haut »

Lors de la conférence d’Interbev bovins sur la préparation sanitaire des broutards destinés à l’engraissement, Philippe Chotteau, chef du département de l’économie à l’Institut de l’élevage (Idele), rappelle le contexte économique autour des échanges de bovins vivants.

« La demande en bovins vifs, toutes catégories confondues, n’a jamais été aussi haute que l’an dernier », souligne-t-il. 1,58 million d’animaux ont été exportés en 2018 et parmi eux, 70 % sont des broutards. « L’Italie est un acteur majeur des exportations françaises (60 %), d’où l’importance de structurer la filière franco-italienne ».

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