« Pas d’inquiétudes sur le marché du broutard en cette période de crise de Covid-19 », relate Philippe Chotteau lors d’un webinaire le 23 avril 2020. Les cours se maintiennent, et ce, malgré le fléchissement de la demande espagnole. Les prix restent néanmoins à des niveaux inférieurs à l’an passé, sauf dans les catégories plus lourdes spécifiques au marché italien. La cotation du charolais U de 450 kg, à 2,52 €/kg vif, retrouve son niveau de 2019.

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Des disponibilités toujours en retrait

« En avril, les stocks de mâles de type viande de 4 à 16 mois sont estimés en repli de 4 % par rapport à 2019, selon la modélisation Modemo », explique Philippe Chotteau. Les moindres disponibilités en charolais sont particulièrement marquées : les stocks en ferme au 1er mars 2020 affichent un recul de 5,5 % par rapport à l’année précédente. En race limousine, cette baisse est évaluée à 2 % sur la même période.

À l’exportation, l’activité perdure vers l’Italie

« Les envois vers l’Italie restent dynamiques, la viande de jeune bovin (JB) issue de broutards français étant très présente en grandes et moyennes surfaces (GMS) et donc favorisée depuis le début du confinement », indique l’Idele dans sa dernière note de conjoncture.

Concernant la demande espagnole, la tendance est toute autre. « Les exportations de bovins vifs, regroupant les broutards, les veaux nourrissons et les bovins de plus de 16 mois prêts à abattre, sont en repli de 32 % du 15 mars au 18 avril 2020, par rapport à 2019 », précise Philippe Chotteau.

Des difficultés sur les pays tiers

Quant à l’activité à l’exportation vers les pays tiers, elle reste très compliquée. « À l’approche du Ramadan, les broutards lourds pour une finition rapide en Algérie sont concurrencés par les jeunes bovins finis venant du reste de l’Europe », note l’expert de l’Idele. De plus, les limites d’âge et de poids imposées depuis le début de 2020 (moins de 14 mois et moins de 450 kg) rendent la tâche plus complexe aux exportateurs français.

« Mises à part les mesures de confinement en vigueur, l’État algérien rencontre toujours des difficultés sur le marché des hydrocarbures, qui constitue de loin leur première source budgétaire, analyse Philippe Chotteau. Vers les autres destinations sur le pourtour méditerranéen, les envois français sont actuellement au point mort. »

Lucie Pouchard